Six mois d’existence, et déjà un lancement international. Est-ce ce que l’on doit retenir de la marque Kazam ? La firme, créée en octobre 2013 en partie par des anciens de HTC, vise essentiellement l’Europe de l’Ouest, et notamment la France, où elle lancera ses (nombreux) produits à partir du 13 février prochain.

Kazam

Kazam se lance en France, avec sept smartphones sous Android répartis en deux gammes distinctes, l’une d’entre eux comptant d’ailleurs un appareil doté de la 4G. Et comme les terminaux ainsi pourvus sont encore rares sur le segment du low-cost, Kazam compte bien se faire une place au soleil en Europe, et plus particulièrement en France.

 

Fiche d’identité

Un peu d’histoire avant de parler produits. Si le nom de Kazam ne vous évoque rien de plus qu’un cousin de Shazam, c’est bien normal, la firme n’ayant été créée qu’en octobre 2013, et dévoilée au grand public en novembre dernier. La marque se présente comme européenne, avec un siège basé à Londres, et des usines aux chaînes de production dédiées en Chine – devinez où ? -, dans la célébrissime Shenzhen. Une marque européenne, alors même que la division mobile de Nokia, en Finlande, tire sa révérence pour passer aux mains de l’Américain Microsoft. On peut aussi parler de la marque Alcatel One Touch, exploitée par TCL en Chine… sans oublier Thomson. Mis à part des marques comme Geeksphone, le Vieux Continent semble miser moins sur les smartphones que sur les innovations connectées.

La promesse est belle, mais la réalité est un tantinet plus complexe. De fait, Kazam dispose bien d’un QG en Europe, mais fait partie d’un groupe plus important, NF Technology, basé en Chine, et qui s’est essentiellement fait connaître par sa marque FlyMobile, présente notamment en Inde et en Europe de l’Est depuis 2005. La marque revendique un chiffre d’affaires d’un million d’euros.

Avec Kazam, le groupe s’engouffre dans la voie ouverte par les marques à petit prix telles que Wiko, mais aussi par les opérateurs en ligne emmenés dans le sillage de Free Mobile. Mais un fossé sépare siège londonien et marque véritablement européenne, bien que Kazam revendique la présence de son équipe de recherche et développement à Londres : celle-ci se charge d’une intégration logicielle minime, les terminaux de la marque proposant un Android nu, des questions de normes réseau, mais aussi du design des terminaux. En tout, la firme indique compter 150 employés.

 

Les produits : des Trooper et des Thunder

Les smartphones de Kazam sont répartis en deux gammes : les Trooper déclinés en cinq modèles, et les Thunder comptant deux itérations, dont l’une encore à venir. Rappelons-le : les terminaux seront vendus par le biais de plusieurs canaux, soit TelandCom à partir du 13 février (244 points de vente), 205 enseignes Carrefour dès mars 2014, CDiscount en ligne et Vivre Mobile, là encore en mars.

Pour l’aspect technique, c’est bien simple : aucun smartphone ne dépasse une définition d’écran de 480 x 854 pixels, toutes gammes confondues, avec, pour le premier d’entre eux, le Trooper X3.5, du 320 x 480 pixels sur une dalle de 3,5 pouces, et du 480 x 800 pour le X4.0 de 4 pouces. Côté Trooper, tous sont équipés d’un processeur double-cœur cadencé à 1 GHz (pour les X3.5 et X4.0) ou à 1,2 GHz (pour les X4.5, X5.0 et X5.5), d’une très modeste RAM de 512 Mo, de 4 Go de stockage, d’un port microSD et d’un port double-SIM… Cela ne vous rappelle rien ?

Kazam Trooper X5.5

Le Kazam Trooper X5.5, le plus grand modèle de la marque.

Kazam Trooper X5.5

Chez les Thunder, comptez sur un écran IPS (apparu sur le 4,5 pouces Trooper) de 4,5 pouces, sur un processeur quadricœur à 1,3 GHz – probablement Mediatek, comme chez les Trooper), 1 Go de RAM, toujours 4 Go de stockage et une batterie de 1800 mAh. Le Thunder Q4.5 LTE perdra la capacité double-SIM du Q4.5 standard mais, avec son processeur Qualcomm, bénéficiera de la 4G et d’une batterie de 1850 mAh. L’appareil sortira au mois d’avril et restera en-deçà des 200 euros.

Kazam

Le Kazam Trooper X4.5, avec un écran IPS.

Les tarifs des autres modèles vont croissant : chez les Trooper, 79 euros pour le X3.5, 99 euros pour le X4.0, 129 euros pour le X4.5, 179 euros pour le X5.0 et 169 euros pour le X5.5. Le Thunder Q4.5 sera positionné quant à lui au prix de 169 euros. Retenez également que les Trooper et Thunder tourneront sous Android 4.2.2, à l’exception du Thunder Q4.5 LTE, lequel fera ses débuts avec Android 4.3.

 

Est-il encore possible de se différencier ?

Kazam

Pour trouver le chemin de l’originalité, Kazam aura fort à faire. La marque compte sur deux volets pour parvenir à ses fins : un appui sur des services originaux et un positionnement tarifaire ultra compétitif. De fait, le Q4.5 LTE, c’est-à-dire le premier smartphone 4G de la marque – Kazam assure que les Thunder compteront bientôt d’autres modèles compatibles avec ce réseau – sera positionné sous la barre des 200 euros. Comptez donc, sans trop de risque, sur un terminal facturé 199 euros, sous le seuil psychologique de la centaine supplémentaire. Avec des caractéristiques techniques assez cousines de celles d’un Alcatel One Touch Idol S ou d’un terminal Archos (l’écran HD en moins), le petit dernier de Kazam bénéficie d’un tarif très entrée de gamme. Mail il devra compter, à sa sortie, sur l’offensive de ses rivaux, chez qui la 4G arrivera à coup sûr durant le premier semestre 2014.

Kazam

Le Kazam Thunder Q4.5… mais sans LTE

Autre manière de se différencier chez Kazam : l’assistance technique. L’idée est, pour la marque, d’échanger le smartphone si son écran est brisé dans les 12 mois suivant son achat. Et pour les autres, une application Kazam Rescue permettant à l’utilisateur de prendre contact avec une assistance téléphonique (du lundi au vendredi) vise à assurer une prestation complète : le technicien peut prendre la main sur le smartphone, guider le mobinaute et lui envoyer une vidéo récapitulative de la démarche à suivre par la suite. Pour les autres, un Point Services Mobiles sera assuré dans 150 magasins partenaires.

Kazam vise des clients avides de smartphones à petit prix, essentiellement par le biais d’achats hors packs opérateur, même si la marque assure nouer actuellement des partenariats avec les quatre acteurs hexagonaux. Avec des appareils situés entre 79 et 199 euros, il est évident que chez les jeunes équipés par leurs parents, les débutants ou les mobinautes cherchant un smartphone de remplacement, la marque tient un filon cohérent. Mais il lui faudra, pour convaincre, parvenir à assurer une communication efficace tout en conservant des coûts marketing bas et peut-être à faire vibrer la corde “européenne” pour convaincre. Et pour assurer la vente de 3 millions de smartphones en Europe pour l’année 2014 et obtenir 5 % de parts de marché en France, Kazam a sans nul doute du pain sur la planche.

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