Il y a quelques jours, le groupe terroriste Daesh a publié un message d’avertissement concernant une application Android suspectée d’espionner les membres de l’organisation.

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Depuis sa genèse, l’État Islamique a montré des compétences particulières en matière de communication et de propagande, loin des stéréotypes de la « grotte afghane » qui entouraient son cousin d’Al Qaeda. Le groupe terroriste est jeune, mobile, moderne en un sens, et a su s’approprier les technologies récentes pour séduire et se faire entendre de ceux qui ont l’oreille trop à l’écoute. Pour cela, tout outil est bon à utiliser : radio, télévision, journaux et magazines papier, mais aussi smartphones.

Smart Propaganda

Ce smartphone, il est utilisé pour communiquer au sein de l’organisation. Et ironie du sort, Daesh s’est emparé d’applications de messageries sécurisées, dans un premier temps, pour s’assurer une certaine tranquillité. L’application Telegram, la plus réputée en matière de sécurité, et la plus décriée notamment pour la personnalité de son patron jugé très libertaire, a été l’une des favorites de l’organisation terroriste. À tel point que les équipes de Telegram ont dû s’activer pour faire fermer de nombreux channels de propagande.


« La première application a été lancée en novembre 2015 »

On le sait, Daesh ne sait pas seulement diffuser l’information, elle peut aussi créer le canal de diffusion. Le groupe possède des studios de production, ou encore une « agence de presse » nommée Amaq Agency, dont le contenu peut être retrouvé sur des applications mobiles accessibles en dehors des magasins d’applications. Ces applications mobiles sont imaginées et conçues par des développeurs du groupe terroriste, et n’ont rien à envier à certaines apps officielles.

Et les applications sont même devenues un moyen de communication très prisé chez Daesh. La première application, Amaq, a été lancée en novembre 2015, et permet d’accéder au contenu publié par l’agence de presse. D’autres applications ont été lancées par la suite, et même une version anglaise d’Amaq en avril dernier, ainsi qu’une version française.

Un spyware, mais pour qui ?

Mais le groupe, affaibli ces derniers mois, se trouve aussi en difficulté sur le domaine des applications mobiles. Comme le rapporte aujourd’hui Motherboard, une fausse application d’Amaq a été publiée. Le 1er juin, l’agence a même publié un message d’alerte, invitant ses utilisateurs à se méfier d’une fausse version de son application, soupçonnée d’espionnage. « Nous conseillons à tous les partisans de l’État du Califat de passer par les canaux officiels lors du téléchargement de ces applications et de vérifier l’empreinte numérique de l’application avant de commencer à l’utiliser », explique un autre communiqué de sécurité. 

daesh site

Quant à l’origine de cette fausse application, elle reste mystérieuse. Quoi qu’il en soit, le groupe islamique semble être également affaibli sur le terrain du mobile, et notamment depuis que les applications de messageries sécurisées ont durci leurs contrôles et suppriment directement les channels de discussions relatifs à l’EI. La propagande se fait alors moins visible, et l’organisation s’expose proportionnellement à plus de risques.

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