La quête de sécurité et de vie privée s’ancre de plus en plus dans les esprits après l’épisode Snowden. La sécurité informatique est maintenant une inquiétude des nations. La France avait parrainé la création d’un antivirus « national » DAVFI, créé par d’éminentes entreprises du secteur de la sécurité informatique. L’antivirus est finalement devenu un OS et a changé de nom : Uhuru. Il sortira en France au mois d’avril prochain.

Uhuru-OS-android-smartphones-tablettes

Nous avions déjà mentionné DAVFI, acronyme (peu attrayant) pour Démonstrateurs d’Antivirus Français et Internationaux. Le nom commercial sera donc Uhuru : en swahili, le mot désigne indépendance ou liberté. Voyons cette appellation comme une résistance à l’américanisation des termes informatiques. Le but est de développer un OS sécurisé à destination des administrations sensibles françaises et d’échapper ainsi aux logiciels de sécurité informatique étrangers.

Voilà pour le côté marketing. Côté informatique, Uhuru exploite une version de Android remaniée pour la sécurité. L’antivirus se présente donc comme une ROM custom à installer sur votre terminal. A ce jour, si vous possédez un Google Nexus 4, vous pouvez tester la ROM sur ce lien. La protection s’étend donc au noyau de l’OS (protection contre l’exécution de codes inconnus), sur les applications (avec un fonds spécifique d’applications validées par l’entreprise), sur les données (cryptage du VoIP et des SMS)… Ces mesures font un peu penser à celles proposées sur le Blackphone. Uhuru propose aussi un système de leurre : au lieu de bloquer systématiquement les demandes de géolocalisation, l’OS enverra de fausses informations géographiques.

 

Les développeurs de Uhuru, une drôle de coalition

Notons toutefois que Uhuru est développé par un consortium d’entreprises françaises spécialisées dans la sécurité informatique comme Nov’It, Qosmos et TechLib. Qosmos, qui est spécialisé dans le traitement de données informatiques, partage des liens avec le renseignement français. Les révélations sur les écoutes de la NSA révélaient que les entreprises américaines de sécurité informatique ménageaient une porte d’entrée dans leur programme pour les agences de renseignements américaines. Une question se pose donc : si Uhuru a bien été conçu sans back-door ni trap-door, l’OS donne t-il la garantie que la DCRI (le renseignement intérieur français) ne pourra pas pénétrer la sécurité de Uhuru ?

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