La quête de sécurité et de vie privée s’ancre de plus en plus dans les esprits après l’épisode Snowden. La sécurité informatique est maintenant une inquiétude des nations. La France avait parrainé la création d’un antivirus « national » DAVFI, créé par d’éminentes entreprises du secteur de la sécurité informatique. L’antivirus est finalement devenu un OS et a changé de nom : Uhuru. Il sortira en France au mois d’avril prochain.

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Suite à nos questions posées à Uhuru, nous avons réactualisé l’article.

Nous avions déjà mentionné DAVFI, acronyme (peu attrayant) pour Démonstrateurs d’Antivirus Français et Internationaux. Le nom commercial sera donc Uhuru : en swahili, le mot désigne indépendance ou liberté. Voyons cette appellation comme une résistance à l’américanisation des termes informatiques. Le but est de développer un OS sécurisé à destination des administrations sensibles françaises et d’échapper ainsi aux logiciels de sécurité informatique étrangers. C’est en 2011 que naît le projet DAVFI : le portage de l’antivirus était prévu pour Windows et Linux. Au fur et à mesure, le projet a migré vers un OS sécurisé basé sous Android.

Voilà pour le côté marketing. Côté informatique, Uhuru exploite une version de Android remaniée pour la sécurité. L’OS est composé des AOSP de Android 4.3 Jelly Bean et de Android 4.4 KitKat. Il y a également un peu de Cyanogen dedans, sans compter les apports personnels des membres de l’équipe de développement. Uhuru sera commercialisé sur les smartphones où il sera pré-installé : les modèles concernés sont les Samsung Galaxy S3 et S4 ainsi que les Google Nexus 4 et 5. Certains terminaux de Sony et de LG devraient aussi accueillir Uhuru. A ce jour, si vous possédez un Google Nexus 4, vous pouvez tester la ROM sur ce lien. La protection s’étend donc au noyau de l’OS (protection contre l’exécution de codes inconnus), sur les applications (avec un fonds spécifique d’applications validées par l’entreprise), sur les données (cryptage du VoIP et des SMS)…

En ce qui concerne les applications, il ne sera pas possible pour les utilisateurs de Uhuru d’installer n’importe quelles app du Web. Sont exclues, vous vous en doutez, les applications de Google Play. Dans les faits, Uhuru se fournira chez F-Droid, un fond d’applications open source et libre tournant sur Android. Ce fond présente l’avantage d’offrir des applications libres, généralement peu gourmandes en matière de données personnelles. Chaque application devra être validée par l’équipe de Uhuru : un utilisateur pourra faire la demande de vérification pour une application qu’il souhaiterait utiliser. Elle passe alors 11 étapes de validation avant d’être approuvée pour l’OS.  Enfin, Uhuru propose aussi un système de leurre : au lieu de bloquer systématiquement les demandes de géolocalisation, l’OS enverra de fausses informations géographiques.

Les développeurs de Uhuru, une drôle de coalition

Notons toutefois que Uhuru est développé par un consortium d’entreprises françaises spécialisées dans la sécurité informatique comme Nov’It, Qosmos et TechLib. Qosmos, qui est spécialisé dans le traitement de données informatiques, partage des liens avec le renseignement français. Les révélations sur les écoutes de la NSA révélaient que les entreprises américaines de sécurité informatique ménageaient une porte d’entrée dans leur programme pour les agences de renseignements américaines. Une question se pose donc : si Uhuru a bien été conçu sans back-door ni trap-door, l’OS donne t-il la garantie que la DCRI (le renseignement intérieur français) ne pourra pas pénétrer la sécurité de Uhuru ? L’équipe de Uhuru dément formellement cette possibilité, assurant qu’il n’existe pas de petite porte réservée au renseignement français dans son OS.

Enfin, dernière petite nouvelle : si Uhuru est un projet franco-français, l’OS sera distribué en dehors des frontières de l’Hexagone. Cela a du sens, étant donné que Uhuru est un projet open source.

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