En juillet dernier, Marshall annonçait le London, le premier smartphone de la marque anglaise réputée pour ses amplis de guitares. Après les amplis, les pédales d’effets, les frigos et les casques audio, Marshall se lance sur le marché des smartphones. Le Marshall London cible particulièrement les mélomanes avec notamment la présence d’une puce Cirrus Logic WM8281 qui promet monts et merveilles pour l’écoute, mais aussi le support du format FLAC, de l’audio encodé en 24 bits et 192 KHz ou encore deux sorties audio pour brancher des casques. Mais le Marshall London vaut-il réellement les 499 euros réclamés par la marque anglaise ?

Marshall London (16 sur 16)-2

La mode est à la musique HD (haute définition) à grands coups de fréquences d’échantillonnage atteignant 192 KHz et un encodage sur 24 bits. Les fabricants de smartphones se sont déjà engouffrés dans la brèche avec des smartphones compatibles. Il faut toutefois être prudent, puisque certains constructeurs annoncent un DAC compatible 24 bits, quant un des nombreux éléments de la chaîne peut-être en 16 bits, supprimant alors l’intérêt du DAC.

Modèle Marshall London
Version d’Android Android 5.0.2 Lollipop
Taille d’écran
Technologie d’écran
4,7 pouces (LCD IPS)
Définition d’écran 720 x 1280 pixels
Résolution d’écran 312 PPP
Protection Gorilla Glass 3
SoC Snapdragon 410
CPU 4 x Cortex-A53 @ 1,2 GHz
GPU Adreno 306
Mémoire RAM 2 Go
Mémoire interne 16 Go
+ microSD
Appareil photo dorsal 8 mégapixels (autofocus)
Vidéo 1080p
Appareil photo frontal 2 mégapixels
Batterie 2500 mAh
Capteurs Accéléromètre, gyroscope, proximité, boussole, baromètre
4G LTE 4G
Wi-Fi 802.11 a/b/g/n (2,4 + 5 GHz)
NFC Non
Bluetooth v4.1 (apt-X)
GPS A-GPS, GLONASS
USB microUSB v2.0
SIM 1 x Nano-SIM
Dimensions 140.45 x 70.25 x 9.45 mm
Poids 145 grammes
Prix 499 euros

 


Un ampli sous forme de smartphone

Le Marshall London ne ressemble à aucun autre smartphone, c’est une certitude. Il est entièrement conçu en plastique et c’est sûrement l’un des principaux reproches qu’on fera à cette partie design. Certes, c’est le seul matériau qui permet facilement, et à faible coût, d’imiter le design des amplis de la marque. Mais Zound aurait pu choisir un plastique de meilleure qualité. En effet, la coque (amovible) est réalisée avec un plastique beaucoup trop fin et ça se sent : il y a un jeu trop important. Une fois la coque retirée, on a l’impression d’avoir affaire à une vulgaire feuille de papier tellement elle se plie entre nos mains. Mais elle a au moins le mérite d’abriter une batterie amovible, avec l’inscription « Long live rock ‘n’ roll’ qui fera sourire les rockeurs. On découvre aussi le logement pour la carte SIM et la carte microSD.

Marshall London (7 sur 16)

La face avant permet, elle aussi, de distinguer le Marshall London de la concurrence. Les deux haut-parleurs stéréo intégrés en haut et en bas de l’écran disposent d’une finition avec des micros perforations qui font encore une fois penser à la grille avant des amplificateurs de la marque. On trouve aussi le logo juste en dessous de la dalle, blanc sur fond noir, comme pour cacher la bande noire habituelle. En haut, cette bande noire abrite la LED de notifications (dont la couleur est paramétrable dans les options) et la caméra avant.

Les côtés du téléphone sortent eux aussi de l’ordinaire. Ils sont dotés d’un revêtement en plastique mou antidérapant. Encore une fois, on est clairement face à une finition qui ressemble aux amplis de la marque. Sur la tranche droite, on trouve le bouton d’allumage ainsi qu’une molette pour gérer le volume sonore. Cette molette, cliquable, permet aussi de lancer l’appareil photo. Pas vraiment pratique à l’usage, car on a vite fait d’appuyer dessus de manière accidentelle en réglant le volume. Concernant le réglage du volume, Marshall a décidé d’augmenter le nombre de paliers disponibles entre le volume minimum et le volume maximum. Il y a en effet plus de 30 niveaux sonores différents contre environ la moitié sur les smartphones classiques. Le réglage du volume est donc plus fin, plus précis. En revanche, pour éviter de se fatiguer le doigt à tourner la molette, il n’y a que 10 paliers lorsqu’on règle le volume du système (pour les alarmes ou les sonneries par exemple). Le haut du téléphone est la partie qui abrite les deux sorties mini jack pour relier deux casques audio ainsi que le bouton « M » permettant de lancer la suite logicielle de Marshall.

Marshall London (4 sur 16)

La prise en main du Marshall London n’est pas idéale, puisque les bords d’écran sont trop hauts, ce qui gêne les gestes de swipe vers la droite ou la gauche et s’avère désagréable. Le smartphone fait également un peu brique. Il est globalement trop imposant.

 


Android presque stock

Pour la partie logicielle, Marshall s’est basé sur Android 5.0.1 Lollipop. Dommage que le constructeur ne se soit pas basé sur Android 5.1 Lollipop afin d’afficher les quelques nouveautés de cette version. Le constructeur a eu en revanche la bonne idée de conserver l’interface au plus proche de ce que propose Google avec AOSP. Le launcher n’est pas celui de Google, puisqu’on a le droit a un fond transparent plutôt esthétique. Pour tout le reste, les habitués à l’interface Android de base ne seront pas dépaysés. L’interface étant plutôt légère, le terminal reste fluide pour les tâches du quotidien. Mais ce qui fait la force (ou pas) du Marshall London, c’est son interface dédiée à la musique.

Marshall-London-interface-1

Pour accéder à cette interface, il suffit d’appuyer sur le bouton « M » en haut du terminal. L’appui sur ce bouton déclenche le lancement de l’application Accueil Marshall qui prend la forme d’un lecteur audio. Celui-ci contient un égaliseur, un enregistreur avec VU mètre, le réglage du volume de chaque sortie casque. Le lecteur de musique permet de lire des chansons depuis le téléphone, SoundCloud, Spotify ou Mixcloud. On trouve également un logiciel permettant d’enregistrer ses propres créations. L’idée de Marshall de tout centraliser sur un seul hub est assez bonne, mais la réalisation n’est pas visuellement convaincante et loin d’être pratique. Finalement, on viendra uniquement régler le volume des sorties casques et l’équaliseur. Pour le reste, on préfèrera utiliser ses propres applications de lecture ou création musicale.

Marshall-London-2-interface

Le Marshall London est livré avec quelques applications musicales comme Rockbilly Bros (un jeu), edjing London, Fnac Jukebox, Tidal ou encore TuneIn Radio. Nous ne sommes pas très fervents de ce type de pratiques, qui grignotent de l’espace sur le téléphone. Les mélomanes et musiciens préfèreront leurs applications favorites.

 


Un écran dans la moyenne

La dalle de 4,7 pouces du Marshall London supporte une définition HD de 1280 x 720 pixels, ce qui donne une résolution de 312 PPP, largement suffisante pour ne pas percevoir les pixels de la dalle sans utiliser une loupe. La luminosité maximale (375 cd/m2) et le contraste (1100:1) permettent d’avoir une visibilité correcte en plein soleil, même si les téléphones haut de gamme proposent bien mieux. Le niveau de noir n’est donc pas très profond, mais le téléphone se rattrape sur le rendu colorimétrique correct et une bonne température des couleurs (légèrement supérieure à 6500°K).

Marshall London (11 sur 16)

 


Performances

À un tarif si élevé, on s’attendait à une puce haut de gamme, ou milieu de gamme dans le pire des cas. Malheureusement, Zound Industries a choisi le Snapdragon 410, une puce d’entrée de gamme dans l’écosystème Android. Au quotidien, le téléphone se révèle réactif, sans être un foudre de guerre.

Benchmark / Modèle Marshall London Wileyfox Swift LG G4
Définition d’écran HD 720p HD 720p QHD 1440p
AnTuTu 5.x 22 422 points 23 927 points 50 847 points
PCMark 3 710 points 3 077 points 4 720 points
3DMark Ice Storm Unlimited 4 405 points 4 337 points 18 619 points
GFXBench T-Rex (offscreen / onscreen) 5,4 / 10,1 FPS 5,3 / 9,8 FPS 31,7 / 22,8 FPS
GFXBench Manhattan (offscreen / onscreen) 1,8 / 4,2 FPS 1,8 / 4,0 FPS 14,8 / 9,3 FPS

Dans les benchmarks, le Marshall London déçoit. Non pas par ses résultats bruts, qui sont plus ou moins similaires à des terminaux dotés de la même puce, mais par son rapport performances – prix exécrable. On ne se servira donc pas de ce smartphone pour faire tourner des applications très gourmandes ou des jeux autres que Candy Crush, à moins de se contenter d’une mauvaise qualité graphique. Heureusement que le multitâche se comporte bien, sans grands ralentissements à noter.

3DMark

  • Marshall London : 4405
  • Wileyfox Swift : 4337
  • LG G4 : 18619

Mais si l’on regarde bien le tableau, le LG G4, vendu moins cher que le Marshall London fait largement mieux avec son Snapdragon 808. On peut trouver encore mieux, avec par exemple le Samsung Galaxy S6 avec son puissant Exynos 7420.

 


Réseaux et communication

Le Marshall London supporte la 4G de catégorie 4, permettant d’atteindre un débit théorique maximal de 150 Mbps en téléchargement et 50 Mbps dans le sens montant. Concernant le Wi-Fi, le smartphone supporte les bandes 2,4 et 5 GHz avec les normes 802.11a/b/g/n. Le constructeur n’a donc pas été pingre jusqu’à enlever la bande 5 GHz, une situation que l’on retrouve souvent sur les smartphones d’entrée, voire de milieu de gamme. Aucun souci particulier n’est à noter avec le GPS ou les appels téléphoniques.

 


Photographie

On n’attend pas trop de la partie photo du Marshall London, avec son capteur de 8 mégapixels à l’arrière et 2 mégapixels à l’avant. Heureusement, l’autofocus est de la partie pour le capteur principal. Pour la partie logicielle, on a le droit à l’application de base de Google, très peu fonctionnelle et proposant peu d’options.

Marshall London (1 sur 16)

Le rendu des photos est médiocre, avec une balance des blancs parfois à ramasse, une mise au point qui a du mal à se faire et un niveau de détail vraiment trop faible. On trouve un mode HDR qui arrive à faire ressortir le ciel et à déboucher les zones sombres, mais avec un rendu pas vraiment naturel. Bref, il ne faut rien attendre rein de bon de ce capteur photo.

3

Sans HDR

1

Avec HDR


Une partie audio presque lambda

Le Marshall London était attendu au tournant sur la partie audio puisque la maison mère est spécialisée dans la conception d’ampli pour les musiciens. Marshall met en avant la latence du smartphone et la puce audio Cirrus Logic WM8281 capable de prendre en charge les fichiers audio 192 KHz / 24 bits. Dans la pratique, il est en effet possible de lire ce type de fichiers. Mais comme nous l’avons vu dans notre test technique pour la partie audio du Marshall London, le smartphone sort uniquement un son en 16 bits à 48 KHz. On apprécie toutefois la paire d’écouteurs intra-auriculaires fournie (Marshall Mode) qui sont corrects – sans plus – si l’on se fie aux tests techniques du site Les Numeriques. Ils ont le mérite de distiller une musique de meilleure qualité que la plupart des écouteurs livrés avec un smartphone.

Marshall London (8 sur 16)

 


Une bonne autonomie

Le Marshall London embarque une batterie amovible d’une capacité de 2500 mAh. L’autonomie est plutôt bonne, avec plus d’une journée loin de la prise électrique dans la plupart des cas. Sur notre test d’autonomie (lecture d’une vidéo YouTube en Wi-Fi avec la luminosité de l’écran réglée à 200 cd/m2), la capacité de la batterie a été réduite de seulement 7 %. Un très bon score. Malheureusement, on ne trouve pas de charge rapide sur le Marshall London.

Autonomie

  • Marshall London : 93
  • Moto G 3e Gen 2015 : 91

Marshall London (14 sur 16)