Alors que la majorité des tablettes utilisait l’année dernière le NVIDIA Tegra 3, quasiment aucune n’intègre aujourd’hui son successeur : le Tegra 4. Les performances sur le papier sont pourtant intéressantes : architecture ARM Cortex A15 avec toujours 4+1 coeurs et même 72 coeurs sur la partie graphique !

HP SlateBook X2

HP n’a plus de réputation à se faire sur le marché des ordinateurs, mais face à une croissance morose, l’entreprise a décidé de proposer deux tablettes Android, dont la HP Slatebook x2. Cette dernière est une “Transformer-like”, c’est-à-dire une tablette sur laquelle on peut attacher un dock clavier, donnant ainsi l’impression d’avoir un petit ordinateur facilement transportable.

Ce type de tablette a rencontré un vif succès de par ses avantages : deux batteries offrant une excellente autonomie, une connectivité étoffée et les limites du format tablette repoussées. Après les déboires du constructeur sur WebOS, HP a-t-il réussi son pari sur Android pour un prix public de 449 € ? La réponse dans cette prise en main.


La fiche technique

Modèle
HP Slatebook x2
Version d’Android Android Jelly Bean (4.2.2)
Écran 10,1 pouces
Définition Full HD (1920 x 1080 pixels)
Technologie IPS
SoC NVIDIA Tegra 4 cadencé à 1,8 GHz
Mémoire vive (RAM) 2 Go
Mémoire interne 32 Go (dont ~ 26 Go pour l’utilisateur)
Support microSD / SD Oui / Oui
APN / Caméra 2 mégapixels sans flash
Webcam (caméra frontale) 1 mégapixels
Vidéo 1080p @30fps
Sortie HDMI Oui
Poids 593 grammes (sans dock)
1,25 kg (avec dock)
Dimensions 258,06 x 182,12 x 9,65 mm (sans dock)
258,06 x 192,8 x 20,57 mm (avec dock)
WiFi 802.11a/b/g/n


Le tour du propriétaire

Dès les premiers instants, nous comprenons que HP ne sait pas où il met les pieds dans la mesure où la boîte contenant la tablette ressemble à s’y méprendre à celle d’un ordinateur. Le contenu n’est pourtant pas fourni : la tablette avec son dock, un chargeur secteur et un câble USB (qui n’était pas fourni lors de notre test).

Pour ce qui est du design, HP a fait dans la sobriété avec une copie (dans tous les sens du terme) assez peu recherchée. Malgré son poids plus que conséquent (593 grammes la tablette seule et 1,25 kg avec le dock clavier), vous ne retrouverez que du plastique. Le principal concurrent du secteur, Asus, se différencie avec un design peu commun et, selon les modèles, des matériaux de meilleure qualité. Le poids joue vraiment en sa défaveur et la comparaison est rude face à un MacBook Air de 11 pouces qui est bien plus mince avec ses 1,08 kg. S’il y a bien un argument à mettre dans la balance, il s’agit du poids qui peut devenir un vrai fardeau sur le long terme.

HP SlateBook X2

Sur une partie de la tablette comme sur l’autre, la surface lisse se salit peu et ne glisse pas dans les mains. Elle sera parfois peu agréable à manipuler lorsque vous solliciterez beaucoup le SoC (par exemple avec le jeu Riptide GP2) dans la mesure où la température montera en flèche. Pour une utilisation classique (applications, launcher…) la tablette restera à une température de fonctionnement correcte et ne vous gênera pas (ce qui n’était pas le cas des tablettes sous Tegra 3).

Lorsque la tablette est connectée à son dock, l’ouverture n’est pas aisée, car il n’y a pas un espace suffisant entre les deux. On note toutefois une démarcation de quelques millimètres au niveau du touchpad, qui est presque invisible à l’oeil. Cette opération vous demandera donc vos deux mains et montre que HP n’en est qu’à son premier modèle et qu’une marge de progression se dessine déjà pour un futur modèle.

Sous le capot, on retrouve un écran de 10,1 pouces affichant une définition Full HD (1920 x 1200 pixels), le tout à la sauce IPS. Hélas le rendu n’est pas toujours agréable à regarder avec des noirs peu envoûtants, un blanc trop jaunâtre et surtout des angles de visions qui déçoivent lors de la lecture d’un film (où l’on n’est pas toujours situé en face de la tablette) ou lors d’une utilisation à plusieurs. Le résultat n’est pas catastrophique, n’allons plus jusque-là, mais ce n’est pas la meilleure tablette que nous ayons vue dans cette gamme de prix.

Même si l’été touche à sa fin, il est agréable de pouvoir utiliser une “Transformer-like” en intérieur, mais aussi en extérieur. Malheureusement l’écran ne se distingue pas dans le domaine avec une luminosité de 264 lux, là où ses concurrentes font beaucoup mieux, notamment la Samsung Galaxy Tab 3 10.1 qui performe à 444 lux. La surface brillante n’est pas à son avantage non plus, procurant plutôt un effet miroir qu’un écran agréable à utiliser. Enfin, autre argument en défaveur : son attrait pour les traces de doigt qui vous demandera de toujours sortir accompagné d’un chiffon.

HP SlateBook X2

Une fois la tablette ouverte, il est alors difficile de deviner où se trouvent les deux boutons sur le dos : le bouton d’allumage et les touches du volume. En naviguant à l’aveugle, la perte de temps est notable et l’ergonomie est rapidement remise en question. Sur le dos, on retrouve également un capteur photo de seulement 2 mégapixels qui, comme chez les autres tablettes, ne sera à utiliser qu’en dernier recours car la qualité est médiocre avec un bruit prononcé. Un deuxième capteur est présent sur l’avant de la tablette et se limite à du 1 mégapixel.

Notez que la partie logicielle est assurée par une application HP Camera… qui n’est autre que l’application de base d’Android avec une icône différente pour le déclencheur. Aucun autre ajout n’est à mettre au crédit du constructeur. Mais tout cela ne serait pas dérangeant s’il n’y avait pas aussi l’application de base d’Android installée ! C’est à se demander ce qui est passé par la tête de HP en concevant son produit.

HP SlateBook X2

Le dock clavier se connecte à la tablette de la même manière qu’une Transformer, c’est-à-dire en insérant les trois connecteurs aux bons endroits et dont l’accès est sécurisé par un loquet. L’ensemble nous est apparu un peu brouillon avec une tablette qui bouge de quelques millimètres et un loquet qui peut être manipulé dans tous les sens donnant l’impression de la très connotée “qualité chinoise”.

De son côté, le clavier est une réussite avec l’ensemble des caractères classiques accompagnés des touches Android (Retour / Accueil / Applications récentes) et des raccourcis pertinents (réglage de la luminosité, recherche rapide, recherche vocale, touches multimédia…). La frappe est agréable et le touchpad qui est simplement cliquable (il n’y a pas de boutons) fait ce qu’on lui demande. Il n’est pas multitouch mais répondra présent et sera entièrement configurable selon vos habitudes d’utilisation.

HP SlateBook X2

La connectivité est intéressante sur la partie dock avec : un jack 3,5 mm, un port USB (le seul !), une sortie HDMI (format standard), un lecteur de cartes SD et l’emplacement pour charger la tablette.

HP SlateBook X2

Sur la partie tablette seule, on retrouve uniquement sur le bas : un microSD et un autre jack de 3,5 mm. Rassurez-vous, bien que le lecteur microSD ne soit pas accessible lorsque le dock clavier est connecté, il sera toujours utilisable.

HP SlateBook X2

Au niveau du premier contact, la HP Slatebook x2 ne nous a pas mis à l’aise : peu d’arguments sont en sa faveur, alors que les défauts se comptent à la pelle. Mais la partie matérielle est riche et il est intéressant de voir ce que HP a fait d’Android.


Android 4.2 à la sauce HP

Bien qu’Android 4.3 soit disponible depuis quelques semaines, la tablette est sortie avec la version la plus récente du système qu’elle pouvait. Bien qu’aucune date de mise à jour ait encore été communiquée, elle ne devrait pas être handicapée par des modifications profondes car on retrouve une expérience pure d’Android.

Heureusement que les applications de Google sont là
Heureusement que les applications de Google sont là

Les seuls ajouts concernent l’intégration d’applications : Box, Evernote, Kingsoft Office, Skitch et Splashtop. L’intégralité des applications HP sont aussi au rendez-vous et sont la plupart sur le Google Play : HP ePrint, HP Printer Control… D’autres sont spécifiques à ce modèle : HP Camera, HP File Manager et HP Media Player. Devant la pauvreté des fonctionnalités proposées, le passage par le Google Play sera obligatoire pour trouver une alternative à la mesure d’une tablette Android de 2013. Cela est d’autant plus vrai pour la lecture de vidéos où le son n’est tout simplement pas lu sur les vidéos H.264 mais fonctionne avec MX Player.

L'application HP Camera
L’application HP Camera

Les seuls véritables changements sont à noter dans la partie Paramètres, avec un écran dédié pour la connexion à un écran sans fil en Miracast, la sélection d’un préréglage DTS Sound+, l’activation du mode 3D sur la sortie HDMI… et c’est à peu près tout. Au final les anti-surcouches trouveront parfaitement leur compte avec cette partie logicielle. Mais aucune application n’utilise vraiment le clavier. Sachant que l’offre logicielle pour tablettes est souvent critiquée sur Android, l’absence de telles applications est une pure incompréhension.


Un Tegra 4 mitigé

Nous avons cette tablette depuis plusieurs semaines à la rédaction et nous avons pris notre temps avant de la juger. Notre opinion était même inqualifiable au début, nous replongeant dans les sombres heures bugées d’Android aux goûts de Honeycomb. Les benchmarks étaient effrayants pour un processeur dont NVIDIA n’a cessé de vanter les mérites : 30 fps à Nenamark 2, 29.8 fps à Epic Citadel, 11 000 à Quadrant… Nous en sommes même venus à nous interroger sur le discours de NVIDIA et si le Tegra 4 n’était qu’une parole en l’air. Notre avis était d’autant plus mauvais que l’expérience utilisateur était exécrable, car aucune application n’était fluide et la mise à jour que nous avons reçu entre temps n’a fait qu’empirer les choses.

Les différents tests pris sur d’autres sites venaient toutefois contredire notre ressenti et nous avons alors réinitialisé la tablette. Réanimée, revigorée… : cette opération l’a remise dans le droit chemin et nous a enfin offert ce que le Tegra 4 avait dans le ventre. Les lags incessants se sont estompés (mais ils sont encore présents contrairement à d’autres appareils Android) et les benchmarks ont monté en flèche, mais restent en-deçà d’un Sony Xperia Z Ultra et son Qualcomm S800 :

HP Slatebook x2 Sony Xperia Z Ultra
AnTuTu 26901 35609
Quadrant 14047 18873
BenchmarkPi 118 105
EpicCitadel 47.6 fps 59.7 fps
GLBenchmark T-Rex HD 950 frames
17 fps
1315 frames
23 fps
GLBenchmark Egypt HD 5642 frames
50 fps
6809 frames
60 fps
3DMark (Extreme) 8070 11742
Nenamark 1 59.4 fps 60.0 fps
Nenamark 2 59.6 fps 60.0 fps

Les jeux s’exécutent sans aucune difficulté, mais quelques uns sont inaccessibles sur le Google Play à cause de l’incompatibilité (Asphalt 8 de chez Gameloft par exemple). Les jeux optimisés pour ce SoC sont agréables à jouer (notamment Riptide GP2), mais face à la montée en puissance de Qualcomm nous n’avons à aucun moment été bluffés par le résultat fourni. Le résultat est parfois même légèrement en-deçà probablement à cause du manque d’optimisation.

Un mode économie d’énergie est proposé (mais caché) et est à éviter. Alors que le processeur est normalement cadencé à 1800 MHz, il descend à 800 MHz (selon CPU-Z). Le pallier est très important et se ressent nettement avec une expérience utilisateur qui se dégrade et des ralentissements visibles quelle que soit l’application utilisée.


Un premier essai qui n’est pas à conseiller

Notre Verdict

design
Le concept des Transformer a fait ses preuves et HP a pensé qu’une simple copie serait suffisante. Hélas avant de copier, encore faudrait-il bien copier. Les touches situés sur le dos de la tablette sont mal placées, la finition du loquet du clavier nous laisse perplexe, le poids supérieur à un ordinateur est dérangeant, l’ouverture est difficile…
5
écran
L’expérience utilisateur ne se limite pas à du logiciel et de la puissance, il faut aussi un écran qui soit à la hauteur. Le tactile est certes réactif sur cette tablette, mais avec des couleurs peu agréables, des angles de vision moyens et une faible luminosité, HP nous déçoit.
5
caméra
Sur le cahier des charges de cette tablette, HP a indiqué vouloir mettre deux capteurs photo. Il l’a fait… et aussi sur la partie logicielle (deux applications qui font exactement la même chose), mais la qualité semble avoir été oubliée. Comme toute tablette, le bruit restant trop présent.
4
performances
Le Tegra 4 est à la hauteur des promesses que NVIDIA nous a fait, mais se fait déjà distancer par le Qualcomm Snapdragon 800. L’expérience utilisateur est relevée d’un cran et les jeux sont agréables à jouer. Seule la chauffe se faisant sentir sous vos doigts viendra nuire à cette belle performance, mais la progression depuis le Tegra 3 est plus que notable. Attention au mode économie d’énergie qui est trop contraignant et perturbera l’utilisateur face à des performances en net retrait.
8
logiciel
Alors que le dock clavier nécessite des applications dédiées à la saisie de textes, aucune application dédiée n’a été intégrée. Seul Evernote et Kingsoft Office essaient de limiter les dégâts. L’expérience pure d’Android proposée a certes fait ses preuves, mais sur un produit qui est plus travaillé qu’une simple tablette, nous nous attendions à une suite logicielle optimisée et surtout bien plus étoffée que les vulgaires applications HP qui ne réalisent même pas les fonctionnalités minimales attendues par l’utilisateur.
5
autonomie
Seul point positif de la tablette : son autonomie. Offrant entre 9 et 10 heures d’autonomie, la HP Slatebook x2 s’en sort bien mieux qu’une tablette classique, mais la comparaison est rude face au segment des Transformer où le dock clavier offre bien plus que 40 à 50 % d’utilisation supplémentaire.
8

10

Meilleure note

Notre avis
06/10

On dit souvent que les premiers modèles sont à éviter et, en toute franchise, c’est le cas de cette HP Slatebook x2. Elle n’est certes pas mauvaise (les quelques éléments peu ergonomiques du design peuvent avoir une importance secondaire), mais les concurrents ont mis la barre tellement haute que HP essaie de rentrer dans un domaine qu’il connaît trop peu.
Poids, écran mitigé, ergonomie douteuse, applications ajoutées inintéressantes : autant d’arguments qui jouent en sa défaveur. Le Tegra 4 redresse la note avec de belles performances au rendez-vous et les ennuis du Tegra 3 sont enfin gommés (chauffe peu gênante…). Mais à choisir ce SoC, ne vaudrait-il pas mieux attendre une tablette mieux conçue offrant une expérience utilisateur agréable autant sur la partie matérielle que logicielle ?

design

05

écran

05

caméra

04

performances

08

logiciel

05

autonomie

08

  • NVIDIA Tegra 4
  • Autonomie
  • Clavier
Pour
Contre

  • Poids
  • Écran
  • Connectivité mal placée
  • Partie logicielle baclée

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