L’équipe de Nextbit, de passage à Paris, nous a rendu visite pour parler du Robin, le premier smartphone de la firme qui a fait un véritable carton sur Kickstarter. Et à quelques mois de son envoi aux backers, les choses se précisent un peu. Discussion avec Scott Croyle, responsable du design du Robin, et petite prise en main du smartphone.

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En septembre de cette année, à Berlin, Ulrich faisait une première rencontre avec le Nextbit Robin, un smartphone prometteur lancé sur Kickstarter quelques jours plus tôt. Et alors qu’il luttait pour rassembler les restes de son cerveau, abandonné la veille dans un bar du centre-ville, Vincent et moi-même observions de l’autre côté de la boulangerie, très discrètement, la présentation du terminal qui lui était faite. Environ trois mois plus tard, Netxbit est venu visiter les locaux d’Humanoid, et nous montrer ce qui est désormais la version pratiquement finale du Robin. Un téléphone qui a été conçu en ne laissant rien au hasard, à commencer par le nom. Et c’est justement le chef produit et du design de la marque, Scott Croyle, qui se charge des explications. Et de toutes celles qui vont suivre.


Un design unique et minimaliste

Robin, ça vient de Robin Hood ? « Robin, cela peut-être plein de choses », me répond Scott Croyle. Il poursuit : « Lorsqu’on cherchait un nom pour notre smartphone, on a voulu avoir quelque chose d’unisexe, et on s’est dit que Robin était un nom qui convient à tous. Cela peut être Robin Hood, Robin le partenaire de Batman, ou une femme qui se prénomme Robin ». Moi je pense à Robin Scherbatsky, mais c’est parce que mes jeunes années ont été bercées par les épisodes de How I Met Your Mother. Mais plus qu’un prénom unisexe parce qu’il faut bien baptiser son téléphone, et toucher hommes comme femmes, ce choix nous évoque les assistants personnels du moment, Cortana ou Siri. Ici, le prénom n’incarne plus un assistant personnel s’ajoutant à l’OS du téléphone, mais personnifie un téléphone qui a entièrement vocation à assister son propriétaire. Un constat que l’on partage, étant donné le nombre de tâches que l’on confie à nos mobiles aujourd’hui.

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Si Nextbit se retrouve chez nous aujourd’hui, c’est parce que les membres de la firme font un tour d’Europe pour rencontrer la presse, mais également les backers de Kickstarter. Ce n’est certainement loin d’être la première présentation faite par Scott Croyle, je n’ai même pas le temps de dégainer ma première question qu’il y répond comme s’il avait eu lu dans mes pensées.


« Les acteurs de la high-tech ont tous la même vision de ce qu’est un smartphone premium »

Quelle est l’histoire de la création du Robin d’un point de vue design ? « Quand j’étais chez HTC, et c’est de toute façon une chose que je remarque partout, j’ai remarqué que les acteurs de la high-tech ont tous la même vision de ce qu’est un smartphone premium », explique Scott. « Si vous demandez aux gens de mettre leurs iPhone et leurs Android sur la table, il n’y en a aucun qui sort du lot. Il n’y a rien de vraiment personnel. Je me dis que j’aimerais bien avoir une marque cool, mais il n’y a rien de vraiment nouveau, de vraiment frais. En fait, on a une sorte de nivellement, avec des Google et Apple qui s’empruntent mutuellement des fonctionnalités logicielles, et des constructeurs qui pensent que le métal ou le verre font tout ». Cela rappelle une anecdote à Ulrich à propos de Carl Pei, qui expliquait récemment avoir demandé à ses anciens collègues chez Oppo de poser leurs mobiles sur la table, s’être rendu compte qu’il y avait de nombreux smartphones similaires (et pas forcément des Oppo d’ailleurs), et avoir vraiment pris conscience du problème.

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Le responsable de Nextbit reprend : « Quand j’ai commencé ce projet avec Nextbit, on a voulu créer un smartphone très personnel, quelque chose d’un peu unique et auquel on tient, et ne pas simplement acheter un modèle peu commun sur le catalogue d’un OEM. Tous les éléments visuels ont été réfléchis, même si on a un format rectangulaire très simple. On a voulu donner du caractère au téléphone en faisant attention aux détails, que ce soit la symétrie des haut-parleurs, ou le placement des capteurs en façade ». En fait, on se rend bien compte que tout a été pensé de façon minimaliste, et que le Nextbit Robin est comme un bloc qui parait brut, mais est en fait habillement travaillé.

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Seuls les boutons de volume forment de légères protubérances, rompant avec la monotonie des tranches. C’est presque perturbant de se dire que le téléphone à l’aspect le plus banal au monde est en fait celui qui ressemble le moins aux autres. On ne lui trouve d’ailleurs que le look du capteur d’empreintes digitales situé au niveau de la tranche en commun avec un autre mobile : le Sony Xperia Z5. De là à ce qu’il charme le consommateur, c’est une autre histoire.

FICHE TECHNIQUE

Le Nextbit Robin ne lésine pas non plus sur les composants. On y trouve un écran IPS LCD de 5,2 pouces en Full HD (1080 x 1920 pixels), un processeur Qualcomm Snapdragon 808, mais encore 3 Go de mémoire vive, une capacité de stockage interne de 32 Go, ou encore une batterie de 2680 mAh. Le mobile s’équipe aussi d’un capteur ISOCELL de 13 mégapixels à l’arrière, un port USB Type-C.


Une beauté intérieure

Si la firme vante le design de son mobile, c’est plutôt sa conception interne qui nous intéresse. Il faut dire que sur le papier, tout est assez prometteur. Si on me dit : « avec ce téléphone, tu n’auras plus jamais à te soucier de problèmes de stockage », il y a de bonnes chances pour qu’on attire réellement mon attention. Parce que c’est bien ça, la promesse de ce Robin, qui arrive avec une mémoire interne de 32 Go, et un espace cloud de 100 Go.

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Pour se différencier dans le domaine du stockage, Nextbit a une solution toute trouvée. Scott Croyle donne un exemple assez pertinent, qui parle à tout le monde : « vous vous apprêtez à prendre une photo, et votre téléphone vous indique qu’il n’y a plus d’espace disponible. Alors vous êtes obligé de trouver des choses à supprimer rapidement ou de vous poser des questions sur les applications que vous utilisez régulièrement ».


« Vous vous apprêtez à prendre une photo, et votre téléphone vous indique qu’il n’y a plus d’espace disponible… »

Le Robin vous évite ce désagrément, et propose une nouvelle approche du logiciel, où la sauvegarde cloud est prépondérante. Le mobile est capable de repérer les applications dont vous ne vous servez pas et de les supprimer de manière virtuelle. Elles sont en fait sauvegardées sur le cloud, et peuvent être récupérées à tout moment en cliquant simplement dessus, et sous réserve d’avoir accès à une connexion de données. La firme a développé un bouton d’accès rapide, qui se trouve sur chaque page en remplaçant discrètement une icône, et permet d’avoir accès aux listes d’applications sauvegardées ou « pinnées ». Le pin, c’est ce qu’on fait à une application qu’on souhaite avoir non-stop en stockage local. Par exemple, si je me sers de Twitter tous les jours – ce qui est le cas d’ailleurs – il me suffit de glisser verticalement sur l’icône pour qu’elle soit « pinnée ». Même chose pour dépinner une application que l’on ne juge plus absolument nécessaire.

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Si le Nextbit Robin a une interface proche d’Android Stock sur de nombreux points esthétiques, elle possède toutefois des différences majeures. Scott explique que Nextbit n’a « pas voulu concevoir son interface de manière classique sous Android, c’est-à-dire avec des applications en bas de l’écran et des widgets sur la partie supérieure ». En fait, il n’y a qu’un widget visible directement, c’est celui de la barre de recherche Google. Pour accéder à ces widgets, qu’on organise comme bon nous semble, il faut simplement pincer l’écran. Cela peut permettre de faire apparaitre le calendrier et la météo, ou tout autre outil que l’on juge bon d’avoir au bout de deux doigts.

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« Mais cette interface logicielle, est-ce qu’elle influe sur le design extérieur du mobile ? », s’interroge Ulrich. « Sur le OnePlus 2 par exemple, on a droit à un bouton pour gérer le profil sonore ». Une fonctionnalité déportée de manière physique, mais qu’on connaissait déjà sur les iPhone. Chez Nextbit, on pourrait bien trouver aussi une petite fonction relative au leitmotiv du mobile : le cloud. Scott Croyle explique que les petites LED (il y en a quatre) à l’arrière du smartphone ne sont pas là par hasard et pourraient bien servir à connaitre le moment idéal pour la récupération de données, selon le nombre de LED allumées.

 

MAIS QUI ES-TU ?

Pour ceux qui ne connaissent par Scott Croyle, il s’agit du père d’un des smartphones les plus plébiscités au niveau design : le HTC One M7. Mais pas que, puisqu’il a travaillé pour la firme taïwanaise de 2008, avec l’acquisition de sa société One & Co studio, à avril 2014, après le lancement du HTC One M8. On lui doit donc, avec ses collègues évidemment, le design d’une bonne centaine de mobiles.

 

Une chose est certaine : le Nextbit Robin va faire débat quand il démarrera sa « véritable » commercialisation. Dans quelques mois, les premiers backers du projet vont recevoir leur exemplaire du mobile, et on compte bien mettre la main sur une unité afin de tester complètement ce terminal. Et on devrait découvrir encore de nombreuses choses à son sujet. Des questions restent d’ailleurs en suspens, dont la principale est sûrement la consommation de données avec ces fonctionnalités de sauvegarde. L’avenir nous donnera des pistes.

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