Le président de l’ARCEP, Sébastien Soriano, est revenu ce matin sur l’échec des négociations entre Bouygues Telecom et Orange. Pour lui, un marché à quatre opérateurs est bien viable, à condition toutefois qu’ils ne s’engagent pas dans une nouvelle guerre des prix.

Logo Bouygues

Sébastien Soriano, le président de l’ARCEP s’est exprimé ce matin sur les conséquences de l’échec du rachat de Bouygues Telecom par Orange. Pour lui, les quatre opérateurs peuvent rester sur le marché : « Si les opérateurs gardent leurs nerfs et évitent de partir dans des guerres de promotion inconsidérée, le marché est viable à quatre ». Pour Sébastien Soriano, le problème, ce sont les promotions, qui ont été extrêmement nombreuses ces derniers mois. « Les promotions nous inquiètent. Un petit peu de promotions c’est bien mais trop, attention ! », avertit l’Arcep, invitant les opérateurs « à un petit peu de retenue en la matière dans les prochains mois ». Il ajoute : « Si les prix s’écrasent sur le marché, les opérateurs n’ont pas assez de marge pour financer les investissements ».

 

La guerre des prix qui a un impact sur l’investissement

Entre Free et Bouygues Telecom, qui ont chacun proposé un forfait avec 20 ou 50 Go pour moins de 4 euros, SFR qui a lancé une vaste campagne de promotion sur ses forfaits au début de l’année ou Orange qui propose un peu plus data dans ses forfaits, les consommateurs ont été les grands gagnants de cette compétition. Une compétition qui pourrait toutefois faire plus de mal que de bien sur le moyen et le long terme.

Sébastien Soriano rappelle ainsi que le secteur des télécoms est un « secteur d’infrastructure » qui représente « 7 milliards d’euros d’investissements chaque année ». « Si les prix s’écrasent sur le marché, les opérateurs n’ont pas assez de marge pour financer les investissements », a-t-il ajouté. Monsieur Soriano a d’ailleurs ainsi assuré que l’Arcep va « veiller à ce que le secteur renoue avec les investissements rapidement ».

 

Les zones rurales, premières victimes de la chute de l’investissement

Une baisse drastique des prix, conséquence d’une forte compétition entre les quatre opérateurs, pourrait ainsi réduire de façon importante la qualité du réseau français. Surtout, les zones rurales, dont la couverture actuelle est déjà très critiquable. L’ARCEP va « promouvoir un investissement intelligent » dans ces zones rurales et inciter les opérateurs à mutualiser leurs réseaux. « A quatre il faut partager le fardeau sinon ça coûte trop cher et ce n’est pas rentable ».

 

Des opérateurs fragilisés

L’ARCEP est très optimiste. Comment, en effet, peut-on espérer voir quatre opérateurs se partager le marché français sans nouvelle guerre des prix. Free Mobile et Bouygues Telecom ont tous deux intérêt à se livrer une guerre des prix pour augmenter leur masse de client. Pour l’instant, le consommateur est le grand gagnant de l’échec du rachat de Bouygues Telecom par Orange. Mais ce matin, les titres boursiers de tous les opérateurs français étaient à la baisse à midi : – 15,27 % pour Bouygues Telecom, – 14,5 % pour Illiad, la maison mère de Free, – 4,22 % pour Orange et – 15,11 % pour SFR-Numericable. Combien de temps encore tiendront-ils ?