Selon les informations de Reuters, le fisc français réclamerait 1,6 milliard d’euros d’arriérés d’impôts à Google. Une somme que Mountain View ne confirme pas.

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Étrange coïncidence. Alors que Sundar Pichai était hier en France pour discuter du journalisme numérique et de la France, une source anonyme du ministère des Finances s’est mise à lâcher la somme que le fisc réclamerait à Google. « En ce qui concerne notre pays, il y a un redressement de 1,6 milliard qui est infligé à cette entreprise », indique la source de Reuters, qui précise que ce chiffre a été rendu public. Google, de son côté, a refusé de commenter cette déclaration.

Pourquoi une telle somme ? Parce que Google, tout comme Apple et de nombreuses entreprises high-tech américaines, pratique l’optimisation fiscale par le biais de facturation entre ses filiales situées dans des pays où la fiscalité est plus légère ou moins regardante sur les flux financiers, comme l’Irlande ou les Pays-Bas.

 

Google trouve la législation fiscale française trop complexe

Sundar Pichai a d’ailleurs été interrogé hier, lors d’une session de questions-réponses, par Mounir Mahjoubi. Ce dernier lui a demandé, sous les applaudissements de la salle quand Google se déciderait à payer ses impôts en France. La réponse, retranscrite chez nos confrères de Zdnet, était à la fois gênée et sur la défensive : « Nous faisons face à des législations fiscales complexes, et nous aimerions un système plus simple. Nous travaillons à cela ». Une législation tellement complexe que Google a reversé la somme de 5 millions d’impôts sur le bénéfice au fisc français en 2014…

Depuis l’année dernière, pour faire face à un redressement fiscal musclé, Google aurait déjà mis de côté une provision. Alors que l’on parlait l’année dernière d’une amende comprise entre 500 et 1 milliard d’euros, cette somme de 1,6 milliard comprendrait des arriérés d’impôts ainsi qu’une amende. Et contrairement au fisc anglais, avec lequel Google s’était arrangé pour payer une « petite » amende de 130 millions de livres, Michel Sapin, le ministre des Finances a déclaré il y a quelques semaines qu’il était hors de question de négocier avec Google. L’affaire devrait prendre de l’ampleur dans les semaines à venir.