Vous avez passé le cap de la fin du monde annoncée (oui, vous ne supportez plus qu’on vous en parle), alors vous pouvez donc lire vos “conseils aux développeurs d’applications Android” . Il s’agit ici du dernier numéro de l’année 2012 – vacances oblige – et cette fois-ci, il n’y aura pas de tutoriaux. Ne soyez pas déçus, gageons qu’en 2013 nous vous apporterons à nouveaux des tutoriaux et astuces par milliers – enfin pas tant quand même !

Aujourd’hui il s’agira d’une lettre faite au père Noël de chez Google, vue comme une demande solennelle du monde développeur. Je vous conseille de la lire et éventuellement de commenter cet article pour indiquer ce que vous pensez réellement de cette plateforme Android.

Cher petit papa Google et tous les lutins du projet Android,

En tant que développeurs, nous avons eu le droit cette année 2012 à :

  • 8 versions de SDK Tools (et du plugin ADT), la dernière étant la 21.0.1 sortie en décembre : ADT a quand même connu un gros coup de “boost” cette année notamment avec l’outil graphique de création d’IHM (qui a encore des défauts et des petits bugs), l’intégration de Lint, la possibilité de modifier les AVD, les nombreux outils annexes pour le debug et le test.
  • 6 versions importantes du système d’exploitation : 4.0.3r2, 4.0.3r3, 4.1r1, 4.1r2, 4.1r3 et enfin la Jelly Bean 4.2r1

Une question : mais où est la “promesse” – j’exagère un peu – ou plus simplement “l’information” d’Andy Rubin qui, conscient de la problématique des nombreuses mises à jour du système d’exploitation pour les développeurs, intégrateurs et constructeurs, avait indiqué qu’il n’y aurait plus qu’une seule version majeure par an ? Il me semblait pourtant que tu savais bien compter, car pour distribuer tous les cadeaux il ne faut pas se tromper dans les nombres : là, nous sommes loin du compte.

L’ensemble de la plateforme est encore récente, mais a quand même bien évolué – et bien été debugguée par les développeurs d’applications entre autres – et ce dans le bon sens : on ne va pas cracher dessus et nous te remercions de nous faire des cadeaux – sans qu’ils soient trop empoisonnés – même en dehors de la période hivernale. Mais sérieusement, est-il professionnel de faire valoir à une société de développer ses applications non pas uniquement sur iOS mais aussi sur Android alors que l’on sait que certaines choses ne seront pas facilement réalisables ou engageront un travail supplémentaire à cause des nombreuses versions d’Android à gérer ?

Ci-dessous quelques exemples :

- “Bonjour, Monsieur, je souhaite développer une application qui fonctionne sur toutes les versions d’Android, comment dois-je m’y prendre ?”
- “Cher client, c’est pas si simple : smartphone ou tablette, smartphone et tablette ? Vous savez il y a 80% du parc sur Android 2.x et si vous souhaitez le composant ActionBar il faudra intégrer une librairie externe. Sans vous parler de fractures importantes entre certaines versions comme par exemple 1.6 et 2.x mais c’est pas grave, vous ne perdez que 2% du marché en ne démarrant qu’à Android 2.x”….

- “Je suis développeur : quelle version du SDK utiliser?”
- “Utiliser la dernière version du SDK mais indiquer dans le fichier manifest que vous ne supporterez que telle version au minimum et intégrer la librairie de support – anciennement appelée API anti-fragmentation…non, non y’a jamais eu de fragmentation sur Android”

- “J’ai développé cela mais ça ne semble pas fonctionner sur le matériel de chez Samsaoul”
- “Effectivement cette fonction pose problème sur le modèle F1 de Samsaoul alors qu’il fonctionne sur tous les autres matériels de la marque mais aussi chez les autres comme HachetéCher ou bien encore Velorola !”

La présentation de la plateforme et la question sur la “fragmentation” –  qui pour rappel n’est pas une fragmentation du système mais de l’éco-système – devient de plus en plus complexe. Bref indiquer que développer sous Android n’est pas si complexe que cela, même pour gérer la variété de matériel disponible sur le parc (version d’OS mais aussi matériel) est devenu un vrai casse-tête, voir un mensonge.

Déjà que l’environnement de développement est beaucoup moins “ludique” que les environnements iOS ou bien encore Windows (qui a dit que retoucher ses fichiers XML dans le code n’était pas amusant ?), ces histoires de mises à jour d’Android mais aussi de l’environnement est vraiment quelque chose de complexe à gérer !

Cher père Google je suis sûr que tu sais qu’il y a encore des choses à améliorer sur ta plateforme (et aussi dans ta commercialisation de tes nouveaux appareils, cf ton nouveau Nexus 4) alors ne laisse pas cette lettre morte !

Nous sommes conscients que tu as fait de gros efforts sur 2012 avec notamment le travail d’accélération (Project Butter), une évolution de ton offre Android TV, le site dédié au désign pour harmoniser l’ergonomie et la charte des applications ou bien encore l’intégration de nouveaux outils pour aider au développement…mais à un moment il faut se demander si offrir des cadeaux toute l’année est bénéfique ou non !

Personnellement, et je pense ne pas être le seul, si tu m’offrais moins de versions d’Android, c’est à dire 1 fois par an – au moment de Noël ou en mai/juin pour tes Google I/O – ton éco-système ne s’en porterai que mieux.

Je pense que tu l’auras compris… essaies pour 2013, comme l’avait indiqué Andy, de ne fournir tes nouvelles versions qu’une fois par an : une belle et grosse mise à jour, efficace, stable et pleine de surprises.

Je te souhaite de passer de bonnes fêtes et que ton matériel Android qui te guidera à travers les cieux aura suffisamment de batterie pour accomplir ton tour du monde.

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