D’après les propos de l’ancien directeur de la CIA et de la NSA recueillis par l’Australian Financial Times vendredi, Huawei aurait espionné “les systèmes de télécommunication étrangers” pour le compte du gouvernement chinois.

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Doit-on se méfier des constructeurs chinois et plus particulièrement de Huawei ? C’est en tout cas ce que laissent penser les propos de Michael Hayden, ancien dirigeant de la NSA avant d’être placé à la tête de la CIA (Central Intelligence Agency) par Georges W. Bush en 2006 et jusqu’à 2009. L’ancienne tête pensante des services secrets américains affirme, dans cet entretien donné au quotidien australien, que la firme asiatique aurait “partagé avec l’Etat chinois la connaissance intime et approfondie des systèmes de télécommunications étrangers auxquels il est associé“. De son côté, le géant asiatique a réagi en parlant de propos “sans fondements et diffamatoires. “

Ces accusations interviennent à une période de fort succès commercial pour l’ancien équipementier télécom. En effet, Huawei a fait une entrée remarquée sur le podium des constructeurs en se hissant à la troisième place des ventes de smartphones dans le monde au quatrième trimestre de l’année dernière selon IDC. Même si le constructeur s’est depuis fait doubler par LG, qui a bénéficié des bonnes ventes du Nexus 4, il a su se créer une place confortable, sur le marché chinois surtout, mais aussi en Europe où il tente progressivement de monter en gamme avec des modèles tels que l’Ascend P6.

Le marché des télécoms, un nouvel enjeu de sécurité nationale ?

Les accusations de l’ancien patron de la NSA portent sur l’activité initiale de la firme chinoise, les réseaux de télécommunications. Il explique à l’AFT avoir été consulté il y a deux ou trois ans au moment de sa tentative d’implantation aux Etats-Unis. Il avait déclaré à l’époque qu’il “n’était pas acceptable pour Huawei de créer la colonne vertébrale du réseau de télécommunications national des Etats-Unis“.

Lorsque le journaliste de l’AFT lui demande si le constructeur représente une menace pour les États américain et australien, Michael Hayden répond positivement. Enfin, lorsqu’on l’interroge sur l’existence de preuves tangibles de comportement d’espionnage opéré par la firme pour le compte du gouvernement chinois, l’ancien directeur répond encore une fois par la positive, en expliquant toutefois ne pas pouvoir “commenter des cas précis d’espionnage ou des questions opérationnelles.” Les craintes sont d’autant plus fortes que l’actuel PDG de Huawei Ren Zhengfei est un ancien membre haut placé de l’Armée Populaire de Libération chinoise. Il y a quelques mois déjà, son indépendance avec le gouvernement chinois avait déjà été mise en cause, avec celle de son concurrent ZTE.

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