Arnaud Montebourg continue de taper sur Xavier Niel et sur sa stratégie du forfait mobile low-cost. Le Ministre persiste et signe en appelant une nouvelle fois l’opérateur à travailler avec l’équipementier Alcatel Lucent qui traverse une grave crise financière. Il va même jusqu’à affirmer que la “guerre des prix” lancée par Free Mobile pourrait entraîner “la mort” d’un des quatre opérateurs, appelant ainsi Xavier Niel à faire preuve de “modération“.

Free Mobile

Le Ministre du redressement productif Arnaud Montebourg s’est exprimé ce jeudi sur les mutations du secteur de la téléphonie mobile avec l’arrivée de la 4G. Interrogé au micro de RTL, le membre du gouvernement a mis en garde contre la bataille que se livrent actuellement les opérateurs télécom. Et cette guerre des prix est menée de front par Xavier Niel, le fondateur de Free Mobile, qui détonne autant par le prix de ses forfaits que par sa communication provocante.

Il y a quinze jours, Free Mobile annonçait ainsi ses propres forfaits 4G pour 19,99 euros par mois avec 20 Go de débit. Un prix très bas que les opérateurs concurrents n’avaient pas vu d’un très bon œil. Il y a quelques jours, Stephane Richard n’hésitait pas à qualifier Xavier Niel de “roi de l’embrouille” et de tenter de disqualifier le réseau du jeune opérateur, dans un entretien accordé au Figaro.

Free Mobile, trop low cost pour le gouvernement

Il y a quelques jours, Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin, la Ministre déléguée à l’Innovation et à l’Economie numérique, avaient tous deux souligné les méfaits d’une “stratégie low cost” qui conduit selon eux “à un sous-investissement dans les infrastructures, à une dégradation du service rendu et à des destructions d’emplois”.

Et le ministre du redressement productif s’en était déjà pris à l’opérateur sur son compte Twitter dans une publication datant du 10 décembre. Voici ce qu’il répondait à Xavier Niel qui se félicitait d’accroître le pouvoir d’achat des Français :

Invité ce matin sur les ondes de RTL, Arnaud Montebourg en a profité pour souligner l’impact des pratiques tarifaires de la filiale mobile d’Iliad sur les équipementiers français. En particulier, le ministre a expliqué que “le low-cost et la guerre des prix” s’opéraient “au détriment des producteurs“. Et pas n’importe lesquels puisqu’il faisait référence à l’appel au “patriotisme économique” lancé par le gouvernement. Seul Orange avait répondu présent en signant deux contrats avec Alcatel Lucent, l’équipement français qui multiplie les plans sociaux pour tenter de se redresser.

La “mort” d’un des quatre opérateurs ou la fusion ?

Enfin, le dernier aspect évoqué par le ministre est celui de la “mort” d’un des quatre opérateurs télécom français, une hypothèse rendue crédible selon lui par la stratégie de prix très agressive menée par Free Mobile. Pourtant, les difficultés financières des concurrents de la filiale d’Iliad datent d’avant janvier 2012 et de l’arrivée de Free Mobile sur le marché. Il est vrai en revanche que la croissance très rapide du nouvel arrivant, qui occupe à présente 11 % du marché de la téléphonie mobile, ne facilite pas la tâche de Bouygues et SFR.

L’autre hypothèse émise par beaucoup, en ces temps de rudes tensions concurrentielles que l’Arcep tente de réguler tant bien que mal, est celle d’une fusion ou d’une acquisition d’un des quatre opérateurs. On peut même aller jusqu’à se demander si les négociations en cours entre SFR et Bouygues sur une mutualisation de leurs réseaux 4G ne vise pas à terme à organiser une fusion entre les deux groupes qui verraient ainsi leur force de frappe s’accroîte sur un marché des télécom apparemment trop étriqué pour les quatre acteurs opérateurs actuels.

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