Les emojis, très utilisés sur les mobiles par les jeunes et moins jeunes, se muent progressivement en une forme de langage à eux seuls. Certains, à l’image de Google, veulent à ce titre les faire évoluer pour qu’ils reflètent mieux leur société, mais aussi les inscrire dans la lutte contre les discriminations entre hommes et femmes. Des emojis politiques ? Presque.

Emojis femmes

La diversité dans les emojis est une question qui crée régulièrement les débats, le Consortium Unicode étant pointé par les défenseurs de grilles d’emojis reflétant la diversité des êtres humains pour son manque de réactivité. Que l’on soit partisan des blobs d’Android – ces figures indéterminées, jaunes – conçues pour être neutres ou que l’on préfère des emojis plus humains, les choses ont timidement commencé à changer.

Depuis un peu plus d’un an, les emojis se parent de plusieurs couleurs de peau, au choix de l’utilisateur, sur iOS. En revanche, sur Android, rien n’a vraiment changé, si ce n’est que quelques nouveautés ont fait leur apparition – l’emoji licorne, pour ne citer que lui. Côté représentation des hommes et des femmes, il n’existe pas grand-chose, si ce n’est quelques rares emojis féminins cantonnés à des rôles très stéréotypés (affublés d’oreilles de lapin, d’une couronne de princesse…) et de leurs pendants masculins, pas beaucoup plus progressistes (ce sont des policiers ou des gardes).

Google se montre soucieux, au sein de son entreprise, des notions de parité et de diversité. C’est dans cette optique que des employés de Mountain View ont déposé, au nom du géant américain, une proposition de nouveaux emojis auprès d’Unicode. « Google veut augmenter la représentation des femmes dans les emojis et aimerait proposer aux équipes d’Unicode d’en faire autant », indiquent-ils, précisant que « partout dans le monde, l’inégalité des genres est un vrai sujet ». Ils souhaitent d’ailleurs s’adresser à le représentation des femmes que se font les plus jeunes d’entre elles, assurant, en s’appuyant sur une étude datant de l’an dernier, que « les jeunes femmes sont plus grandes utilisatrices d’emojis ».

Des emojis au travail

Cette proposition, donc, consiste en la représentation des femmes, mais pas seulement, dans leur environnement de travail. S’appuyant sur des emojis « simples » représentant des hommes comme des femmes, les emojis soumis à Unicode leur ajoutent des accessoires permettant de les inclure à treize domaines professionnels. Ce sont donc des emojis genrés dans le domaine de la médecine, des affaires, de la recherche scientifique, des études, de l’enseignement, de la technologie, de l’industrie, de l’agriculture, de la cuisine et de la musique que propose Google au standard en charge de la définition des emojis multiplateformes à venir.

Et comme le souligne The Verge, il y a fort à parier que la proposition soit adoptée d’ici la fin de l’année, comme le souhaitent leurs auteurs, dans la mesure où l’un d’entre eux, Mark Davis, se trouve être le cofondateur et le président du Consortium Unicode.