À quelques semaines de l’Euro 2016, Bouygues Telecom nous a invités au Parc des Princes pour découvrir l’installation réseau mise en place pour couvrir les 10 stades français de la compétition. L’occasion de découvrir un partenariat à plus de 30 millions d’euros conclu entre les quatre opérateurs français pour proposer un réseau 2G, 3G et 4G de qualité et sans coupure lors de l’ensemble des rencontres sportives à venir.

Stade losc

Si vous avez déjà assisté à un match de foot dans un grand stade ces dernières années, il est tout simplement impossible d’utiliser son téléphone portable à cause de la saturation des antennes relais assurant la couverture des lieux. La raison est simple : un stade peut contenir plusieurs dizaines de milliers de personnes alors qu’il est entouré par deux ou trois antennes de chaque opérateur qui ne peuvent pas absorber ce flux exceptionnel.  Il est en effet tentant, lors d’une rencontre sportive, d’utiliser massivement les réseaux sociaux et le réseau classique avec les appels, les SMS et autres publications sur les réseaux sociaux, qui nécessitent une connexion 3G ou 4G.

Pour pallier cette difficulté, Bouygues Telecom, Orange, Free Mobile et SFR ont conclu un partenariat dans le cadre de l’Euro 2016. Les quatre opérateurs se sont engagés à couvrir les 10 stades français de la compétition (de 33 000 à 80 000 places) avec un réseau cellulaire de qualité, de la data disponible et aucune coupure due à une saturation de leur capacité.

 

32 millions d’euros divisés par quatre

Dans le cadre de ce partenariat, 32 millions d’euros ont été mis sur la table, soit 8 millions par opérateur. Les quatre opérateurs se sont partagé le travail dans les 10 stades : ainsi, chaque opérateur s’occupe de la mise en place des infrastructures passives (antennes, câbles, etc.) sur une partie de la liste des stades. À ce titre, Bouygues Telecom s’occupe du Parc des Princes à Paris et du Stade Vélodrome à Marseille.

Les opérateurs installent ensuite leurs infrastructures actives permettant d’utiliser les infrastructures déjà mises en place dans le stade par un autre opérateur. La bonne nouvelle, c’est que l’ensemble des antennes des 10 stades seront mutualisées, et diffuseront donc les fréquences de chaque opérateur : 800, 1800 et 2600 MHz pour la 4G et 900 et 2100 MHz pour la 2G et la 3G.

 

Le cas du Parc des Princes

Pour nous faire découvrir ce partenariat, Bouygues Telecom nous a conviés à visiter le Parc des Princes. Ou plus exactement, un local technique situé entre le Parc des Princes et le périphérique et qui sert, à la base, à diffuser les réseaux cellulaires dans le long tunnel qui passe sous le stade. Ce local a été réaménagé afin d’y installer les nouveaux équipements permettant de couvrir le Parc des Princes.

Si on trouve sur le toit environ 40 antennes (des rectangles de 1,5 par 2 mètres), on trouve dans le sous-sol des dizaines de baies comprenant les équipements actifs. Sur chaque baie, on peut apercevoir de gros câbles permettant d’alimenter les antennes, en passant d’abord par une sorte de multiplexeur optique qui permet d’éviter de multiplier les câbles au sein du stade. Ce qu’il faut retenir, c’est que chaque antenne nécessite un équipement actif en sous-sol chez chaque opérateur. Plus étonnant, Bouygues Telecom dispose de 13 baies, contre 9 pour Orange.

Euro 2016 4G stades

En creusant un peu plus la question, on se rend d’ailleurs compte que les deux opérateurs partagent le même type d’infrastructure active, en provenance de chez Ericsson. Pourquoi y a-t-il plus de baies chez Bouygues Telecom ? L’un des éléments de réponse tient peut-être à l’agrégation des fréquences, puisque Bouygues nous a confié avoir la possibilité de proposer de la triple agrégation de porteuses – la 4G++ à 330 Mbps – au Parc des Princes. Ce qui pourrait donc signifier qu‘Orange se contenterait de la 4G+ à 225 Mbps, avec deux porteuses.

Bouygues stade (1 sur 2)

Les baies de Bouygues Telecom

Nous sommes passés à côté des équipements de Free Mobile, beaucoup plus petits et largement moins nombreux avec seulement 8 baies. À sa décharge, Free Mobile utilise des équipements Huawei, beaucoup plus sobres (les câbles disgracieux étaient invisibles) et compacts que les équipements d’Ericsson.

Leur nombre plus faible (et leur petite taille) signifie-t-il vraiment que Free Mobile offrira moins de capacité à ses clients ? On en doute, puisque Free Mobile agrège seulement deux bandes de fréquence et n’a donc pas besoin d’autant d’équipements que Bouygues Telecom. Il serait aussi intéressant de comparer le nombre d’armoires de chaque opérateur dans les différents stades, ce que nous n’avons pas pu faire. À titre d’information, Bouygues Telecom a installé 28 baies au Stade de France qui compte environ deux fois plus de places. Sur ce stade, des antennes couvrent également le parvis.

 

Les antennes du stade

Les antennes sont très directionnelles, ce qui explique, en partie, pourquoi on en trouve beaucoup dans l’enceinte du stade. Il y a d’ailleurs des antennes spécialement destinées à couvrir la pelouse, en cas d’évènements particuliers, comme le prochain concert de Rihanna au Stade de France, où l’on trouvera du public sur la pelouse, à la recherche d’un réseau 4G pour partager la soirée sur Internet.

Le faisceau de chaque antenne couvre entre 3 000 et 6 000 spectateurs, en fonction du stade et de leur emplacement. Avec une seule antenne, Bouygues Telecom annonce pouvoir supporter jusqu’à environ 1 000 appels simultanés, tout en sachant que les autres opérateurs apporteront, sur la même antenne, une capacité du similaire. On ne devrait donc pas vivre des moments de saturation cellulaire lors des matchs de l’Euro 2016.

Bouygues stade (2 sur 2)

BYT pour Bouygues et ORF pour Orange

 

La question financière

Selon le journal Les Échos, les quatre opérateurs ne joueraient pas le même rôle dans ce partenariat. Ainsi, Free Mobile ne réalisera aucune installation d’infrastructures passives, mais aurait quand même mis l’argent sur la table. SFR de son côté, s’occuperait de couvrir Nice et Lille, quand Orange, en tant que partenaire officiel de l’évènement, s’occuperait des six autres stades. On apprend également par l’intermédiaire de nos confrères que les stades réclament une redevance annuelle aux opérateurs pour avoir le droit d’y séjourner. Un peu étrange puisque la présence d’un réseau 4G de qualité est susceptible de contribuer à la promotion d’un stade, d’autant que les infrastructures qui y  sont déployées pour l’Euro ont vocation à y rester par la suite.

À lire sur FrAndroid : Itinérance et mutualisation, tout sur le partage des réseaux mobiles en France

 

Les small cells attendront la 5G

Enfin, à la question « pourquoi ne pas avoir mis de small cells à la place des antennes », Bouygues Telecom nous a simplement répondu qu’une solution à base de small cells n’est pas vraiment adaptée, du fait qu’elle n’est pas facilement mutualisable. L’autre raison, c’est sûrement le manque d’intérêt des small cells pour la 4G.

Les petites antennes ont en effet davantage leur raison d’être en 5G, avec des ondes millimétriques qui portent beaucoup moins loin avec donc un besoin largement plus massif en nombre d’antennes. À la question de savoir quand la 5G sera disponible commercialement, il se murmure que chez Bouygues Telecom, on penche maintenant plutôt pour 2021. Pour finir, les infrastructures mises en place dans le cadre de l’Euro 2016 ne seront pas démontés à la fin de la compétition, permettant alors d’en profiter pendant de nombreuses années.