L’Inde compte 1,2 milliard d’habitants et seulement 8% sont connectés. Après plusieurs années d’étude, le gouvernement avait annoncé en grande pompe la nouvelle tablette Aakash – une tablette Android avec un coût de 35 dollars seulement (une trentaine de nos euros). Néanmoins en octobre 2011, le premier modèle Aakash s’est vite avéré être un échec. Avec l’Aakash 2, peut-on y croire ? 

Octobre 2011, le gouvernement indien convoque la presse et annonce l’Aakash. Une tablette Android à 35 dollars, il s’agit bien sûr de la tablette la moins chère au monde. Avec cette tablette, l’Inde ne veut pas être le premier exportateur de tablettes à bas prix, mais veut simplement équiper ses 220 millions d’étudiants. Un objectif honorable. Néanmoins, le premier modèle déçoit largement. Conçu par la société britannique DataWind. Le premier modèle Aakash possède un écran de 7 pouces, une technologie tactile résistive, un processeur mono-coeur cadencé à 366 MHz et 256 Mo de RAM. De plus, les 35 dollars de prix de vente tiennent compte d’une subvention de la part de l’Etat indien. La tablette coutait 50 dollars en fabrication.

Les 500 modèles fabriqués ont tout de suite montré des vulnérabilités. Instabilité. Problème de fabrication. L’Institut indien de technologie du Rajastha, un des acteurs majeurs du projet, s’est vite retiré. A priori, les premiers tests de déploiement ont été mal réalisés selon le PDG de DataWind, Suneet Singh Tuli. Les tablettes ont été testées par des étudiants bien trop sensibilisés par l’informatique. De son côté, l’Institut a déclaré que les tablettes ne « correspondaient pas aux normes américaines ».

Le gouvernement indien s’est donc tourné vers l’Institut de Bombay. Septembre 2011, l’Aakash 2 a été présentée. L’Aakash 2 tourne sous Android 4.0 (Ice Cream Sandwich) sur un écran 7 pouces d’une définition de 800 par 480 pixels avec une technologie tactile capacitive, le tout est propulsé par une architecture cadencée à 1 GHz et 512 Mo de RAM. Enfin, le prix arrive est à 2263 roupies (environ 35 euros / 40 dollars) – sans aucune subvention de la part du gouvernement indien. Avec la subvention, la tablette reviendrait donc à seulement 20 dollars pour les étudiants (17 euros) et 8 dollars pour le clavier (7 euros). Le programme vient de démarrer.

L’Inde a commandé 100 000 tablettes avec 5 prestataires différents. DataWind est toujours à la tête du projet, la société compte prendre environ 5% de marges sur la vente de tablette. Comment compte t-il arriver à ce coût de fabrication et de vente ?

DataWind veut éliminer ce qu’ils nomment le « fluff », c’est-à-dire les intermédiaires dans la chaîne d’approvisionnement. Finalement, c’est assez proche des procédés utilisés par des sociétés comme Apple (Apple Store), Amazon ou encore Google (Google Play). Ce n’est pas tout, les fonctionnalités inutiles sont également mis de côté – afin de réduire le coût au minimum. Par exemple, l’Aakash 2 n’a pas de Bluetooth, ni de GPS et HDMI, et le WiFi ne gère par la norme Wi-Fi 802.11n. DataWind a également fait l’impasse sur le capteur de lumière ambiante (pour un réglage automatique de la luminosité). Enfin, cette tablette ne comporte que 4 Go de stockage interne, le tout est extensible par microSD, et l’autonomie est de seulement trois heures.

L’Aakash comporte les applications Google (GMail ou Google Maps) ainsi que le Google Play. Cette tablette va booster la position d’Android en Inde.

DataWind a également réussi à faire des économies sur l’écran LCD en passant par différents fournisseurs. Le tout est assemblé ensuite à Montréal, au Canada.

Bien sûr, les 5% de marges ne sont pas suffisantes pour qu’une entreprise soit en bonne santé. C’est donc sur le long terme et les autres réductions de coûts supplémentaires que DataWind compte faire des économies supplémentaires. Enfin, l’Aakash 2 pré-embarque des applications Android – c’est avec ce moyen que DataWind compte faire de réelles plus-values. Les marges pourraient donc excéder 20%, comme la plupart des fabricants de tablettes.

Enfin, DataWind va également commercialiser deux modèles grand-public, les Ubislate 7Ci et 7C+. Ces tablettes seront vendues aux alentours de 4499 roupies (70 euros). Ce prix de vente comporte bien sûr les taxes locales et une marge plus importante.

Un autre problème qui va sûrement se poser est la montée en puissance de la production. Ce point est crucial pour pouvoir gérer les stocks intelligemment. Une première commande de 100 000 tablettes a été réalisée par le gouvernement indien, les autres commandes se feront donc au fur et à mesure des différents retours. Pour arriver à 220 millions de tablettes conçues, DataWind va ensuite réaliser des phrases de production de 5 millions de tablettes.

A la question : d’où vient la subvention du gouvernement indien (environ 20 dollars par tablette) ? Elle vient tout simplement des économies réalisées par la non-impression des livres scolaires. Le budget est tout simplement détourné. Une partie des fonds servira également à la formation des professeurs et enseignants.

L’Aakash 2 a été présentée à l’Organisation des Nations Unies. D’après les premiers retours d’experts, l’écran tactile serait un peu frustrant – mais l’ensemble est incomparable avec la première version et pourrait booster considérablement le taux d’équipement et d’accès à Internet des étudiants indiens. Un modèle à suivre de près. En tout cas, c’est un superbe opportunité pour Android et Google.

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