Nous avons pu tester la Tesla Model S et plus précisément la fonctionnalité autopilot permettant de passer en mode pilote automatique. L’occasion de partager avec vous, en vidéo, nos impressions face à une technologie qui sera omniprésente dans les voitures d’ici quelques années.

Frandroid Tesla S (3 sur 4)

Sur FrAndroid, nous ne parlons pas uniquement d’Android, mais également de tout ce qui touche de près ou de loin à Google. Nous nous intéressons ainsi à la Google Car, la voiture autonome de la firme de Mountain View. Impossible, donc, de passer à côté de la concurrence, et notamment Tesla avec ses Model S et la toute nouvelle Model X. À l’occasion de l’ouverture d’un centre Tesla (vente et garage) à Chambourcy, en région parisienne, nous avons pu poser les mains sur le volant d’une Tesla Model S (70D), une voiture totalement électrique équipée de la fonction pilote automatique.

 

Une voiture intelligente pour geeks fortunés

Dès que l’on monte à bord de la Tesla Model S, on sent la patte d’Elon Musk, PDG de Tesla Motors, mais surtout ingénieur et visionnaire. En effet, la console centrale est constituée d’un énorme écran tactile de 17 pouces regroupant toutes les fonctionnalités de la voiture (GPS, musique, réglages, appels, etc.). Malheureusement, les Tesla ne sont pas compatibles avec Android Auto ni Apple Car Play. Mais on nous souffle à l’oreille que ce n’est qu’une question de temps avant qu’une mise à jour du firmware de la voiture soit déployée en OTA, grâce à la connexion 3G de la voiture. C’est d’ailleurs cette même connexion 3G qui a servi à récupérer la mise à jour 7.0 du logiciel interne, apportant la fameuse fonctionnalité pilote automatique en octobre dernier.

Frandroid Tesla S (1 sur 4)

 

Une voiture bardée de capteurs

Le pilote automatique peut s’activer à partir de 50 km/h environ, grâce à une caméra et un radar à l’avant, mais aussi des capteurs ultrasons situés tout autour de la voiture ainsi qu’un GPS ultra précis. La voiture « voit » donc les lignes blanches, distingue les voitures et les obstacles et repère ainsi les virages. Tesla recommande toutefois de n’activer ce mode de pilotage automatique que sur autoroute, et avec les mains sur le volant. Il faut à ce titre rappeler qu’en France, avoir les mains sur le volant lors de la conduite est une obligation légale. On commence donc à rouler – dans un silence étonnant, mais très agréable grâce au moteur électrique – à la recherche de l’autoroute A13.

 

Un volant qui bouge tout seul

Une fois sur la voie d’insertion, on enfonce la pédale d’accélération pour tenter de voir ce qu’à dans le ventre la 70D avec ses 332 cv et ses 525 nm. Ca pousse, ça pousse très fort même. Mais le clou du spectacle, ce n’est pas la puissance de la Tesla Model S, mais son pilotage automatique, une grande première pour une voiture de série. On se positionne sur la file du milieu, on active le régulateur de vitesse à 130 km/h puis on tire un commodo et le pilote automatique s’enclenche. Celui-ci va conserver le cap en restant sur la voie du milieu et en tournant légèrement le volant lorsque cela sera nécessaire. Une bien étrange sensation que de sentir le volant tourner tout seul sous ses mains, et une sensation légèrement déroutante, voire inquiétante, que de voir un bolide filer à 130 km/h en dépassant des voitures et des camions dans des virages sur une autoroute.

Frandroid Tesla S (2 sur 4)

Le régulateur de vitesse intelligent associé aux capteurs permet de garder une distance de sécurité avec la voiture juste devant soi. La Tesla régule donc automatiquement sa vitesse (au risque d’être sous la vitesse réglée par le conducteur) pour ne pas trop s’approcher de la voiture. Il suffit d’activer le clignotant pour que la voiture double, toute seule, la voiture de devant, en accélérant jusqu’à la vitesse régulée. Une fois le dépassement effectué, il suffit alors d’activer encore une fois le clignotant pour que la voiture se rabatte toute seule. Une expérience vraiment impressionnante, même si on a du mal à avoir entièrement confiance en cet engin bourré de technologies évoluées.

 

Une voiture prudente, mais pas craintive

D’ailleurs, nous avons eu le droit à une petite frayeur, juste après que la Tesla s’est rabattue. Un camion, sur la voie de droite, a commencé à se déporter vers la voie du milieu. Sans freinage, la Tesla se serait encastrée dans le camion. J’ai décidé de ne pas réagir tout de suite à cette situation. Mais face à la réaction de la Tesla qui n’a pas activé les freins tout de suite, j’ai décidé d’appuyer sur la pédale de frein. Selon le représentant de Tesla, la Model S aurait freinée d’elle-même ou changée de cap, afin d’éviter l’accident. Difficile toutefois de laisser à la voiture le temps de prouver ces propos lorsque l’on se trouve à l’intérieur.


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Cela me fait penser à une situation rencontrée par un conducteur d’une Google Car en mode autonome. Face à un risque d’accident, le conducteur a repris le contrôle de la voiture pour l’arrêter. Mais la voiture située derrière n’a pas eu le temps de s’arrêter et a percuté le pare-choc arrière de la Google Car. Une analyse détaillée de la situation a montré que la Google Car avait bien prévu de s’arrêter, mais pas aussi tôt que le conducteur. S’arrêter un peu plus loin aurait peut-être permis à la Google Car de ne pas être percutée, laissant le temps au conducteur de la voiture suiveuse de s’arrêter. Mais dans ce genre de situations, on a encore du mal à faire confiance aux algorithmes et on préfère prévenir que guérir, en évitant d’être victime d’un bug dans l’algorithme.

 

Un voyage dans le temps

Au final, l’expérience de la Tesla Model S s’est montrée réellement convaincante et m’a fait voyager dans le temps, l’espace de quelques heures. En effet, l’autopilot est une fonctionnalité vraiment pratique, notamment pour les longs trajets sur autoroutes qui peuvent vite devenir fatigants. Tesla doit toutefois encore travailler sur son pilote automatique, afin d’empêcher son utilisation dans des environnements dangereux, comme des routes de campagnes ou de simples nationales. Le constructeur pourrait alors choisir de limiter l’utilisation du pilotage automatique à partir d’une vitesse plus élevée (comme 110 km/h par exemple) ou par l’intermédiaire du GPS, capable de savoir si la voiture se trouve, oui ou non, sur une autoroute.

Frandroid Tesla S (4 sur 4)

La Model S se monnaye à partir d’environ 71 000 euros, un tarif encore trop élevé pour vraiment pouvoir en croiser tous les jours. Mais la Model 3, prévue pour être dévoilée en mars 2016 et vendue au courant de l’année 2017, devrait coûter deux fois moins cher que la Model S, soit environ 35 000 euros. De quoi concurrencer sur le marché de l’automobile les BMW Série 3 et Audi A4 et démocratiser la voiture électrique premium, intelligente et autonome dans le monde.

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