Si les noms Sigfox, Qowisio et LoRa ne vous disent rien, vous découvrirez peut être le concept de réseau bas débit basse fréquence avec PicoWAN puisque le Français Archos lance son propre réseau à son tour. Conçu à partir de la technologie LoRa et du déploiement de « pico-passerelles », Archos vient faire face à une concurrence déjà bien implantée mais justifie sa présence par la proposition d’un modèle économique différent.

Archos

Henri Crohas, le fondateur d’Archos qui a laissé la direction de sa société à Loïc Poirier en mai 2013, après avoir subi de lourdes pertes financières.

Du déjà-vu ?

Il est étonnant de voir à quel point la France fait partie des pays pionniers de la communication M2M (Machine-to-Machine) pour les objets connectés (que ce soit pour les capteurs industriels ou les technologies dédiées au grand public). La création de ces réseaux s’inscrit dans la continuité de la création de Sigfox. Cette start-up toulousaine créée par Ludovic Le Moan, a vu le vent souffler fort dans ses voiles depuis sa création en 2009. Avec notamment l’arrivée d’Anne Lauvergeon (ex-Présidente d’Areva) à la tête de son conseil d’administration en avril 2014, une levée de fonds de 100 millions d’euros en février 2015 et une cooptation par Samsung en juin 2015, qui s’ajoute ainsi au capital de la société, s’assurant une couverture déjà étendue et opérante pour la connexion des objets.

Arrivent ensuite Qowisio, une start-up originaire d’Angers, Matooma, le Montpelliérain concepteur de cartes SIM et enfin la LoRa Alliance dont la technologie a été créée par l’américain SemTech qui a racheté la startup française Cycleo, et rejointe par des opérateurs traditionnels tels qu’Orange et Bouygues puis maintenant Archos. Cette inondation sur le court terme du marché par ces opérateurs donne l’impression qu’il s’agit un peu d’une stratégie à la « pousse-toi-que-je-m’y-mette » mais chacun de ces acteurs a des arguments à faire valoir pour souligner sa différence, semble-t-il.

La valeur ajoutée de PicoWAN

La technologie n’a ici rien de nouveau puisqu’elle s’appuie sur du LoRaWAN déjà exploitée par Bouygues et Orange. Il s’agit toujours de réseau basse fréquence (868 MHz), bas débit (de 300 à 100 Kbits/s) avec une autonomie des appareils d’une année complète à dix ans en fonction des usages et de la taille des messages envoyés. En général, il s’agit de messages courts. C’est ce qui fait l’intérêt du déploiement de ce type de réseau, soit sa capacité à être pérenne des années durant et à être opérante dans le cadre de maintenance prédictive dans le secteur industriel, par exemple, ou dans la logistique des usines connectées. La vraie différence de PicoWAN face à ses concurrents, c’est son modèle économique et son déploiement technique.

Pico-passerelle Archos

La pico-passerelle proposée par Archos pour le déploiement de son réseau PicoWAN

50 centimes par an et par objet connecté

Bien qu’Henri Crohas ait déserté le navire Archos depuis mai 2013, croulant sous les dettes, et offrant son poste à Loïc Poirier, le nouveau PDG, il porte toutefois haut les couleurs de sa technologie PicoWAN (cf. vidéo ci-haut) et déclare avoir passé deux ans à peaufiner la technologie PicoWAN et avoir déposé trois brevets depuis son départ. La raison ? Sa technologie PicoWAN est un peu différente puisqu’elle repose sur le positionnement de prises connectées en WiFi ou en Ethernet directement au domicile des usagers (un genre de réseau collaboratif), contrairement à la technologie Sigfox qui nécessite l’installation d’antennes sur les toits. Coût annoncé : cent fois moindre face à celui de ses concurrents, soit 50 centimes par an et par objet connecté. Sigfox annonce quant à lui un coût variable d’un euro à quatorze euros par an et par appareil.


Chaine Youtube FrAndroid

Mais Archos souhaite accélérer le déploiement de son réseau en offrant 200 000 prises au moment du lancement, en juin 2016. Autre proposition innovante : l’offre à tous ceux qui choisiront d’installer une pico-passerelle chez eux de partager 50 % des revenus générés si d’autres se connectent sur leur installation. Les pico-passerelles de Nicolas Crohas seront compatibles avec tous les systèmes et objets connectés utilisant les puces LoRaWAN, puisqu’il s’agit de la même technologie embarquée.

 

Une rude concurrence

Pour séduire, Archos aura toutefois à faire face à un défi d’envergure, tandis que Sigfox est déjà déployé dans 8 pays (France, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni, Danemark, Portugal et Espagne) et ouvrira bientôt en Allemagne et en Italie. Quant à elle, la LoRa Alliance créée autour de la technologie LoRaWAN (Low Power Wide Area Network) réunit déjà de très nombreux acteurs de la connectivité française et internationale (Bouygues, Orange, Cisco, Sagemcom, Proximus, etc.). Avec sa formule différente, Archos peut tenter de séduire, à condition que la mise en place de l’installation soit plus simple et plus accessible aux consommateurs de technologies bas débit pour leurs objets connectés. Une démonstration de la technologie sera réalisée au MWC en février 2016.

Comments

comments

Vous aimerez aussi :

  1. Les applications Archos Home débarquent sur le Play Store… avant le systèm e domotique qu’elles accompagnent
  2. Archos annonce également un smartphone premium, l’Archos 50 Oxygen
  3. CES 2014 : Quand Archos se lance dans la domotique
  4. Auchan lance sous sa marque Qilive des smartphones et tablettes Archos
  5. Archos 50e Helium, de la HD et de la 4G à moins de 120 euros