Apple voit ses bénéfices chuter, tandis que Samsung ne cesse de battre des records en termes de revenus. Les courbes se sont déjà croisées et celle de Samsung risque de prendre son envol laissant Apple se partager les miettes avec les autres concurrents. La Pomme a donc besoin de réagir pour permettre au marché de rester équilibré.

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Apple vient de publier lundi ses résultats trimestriels. Si les chiffres sont en partie meilleurs que prévu (par rapport à ceux des analystes), ils ne confortent pas le bénéfice net, qui recule pour la première fois en onze ans. Pour son quatrième trimestre fiscal, clos fin septembre, Apple annonce un chiffre d’affaires de 37,5 milliards de dollars en hausse par rapport au même trimestre de l’année précédente (36 milliards) pour un bénéfice net d’impôts de 7,5 milliards, en baisse de 8,7 % par rapport au même trimestre de 2012, lorsque celui-ci avait atteint les 8,2 milliards de dollars. Ces chiffres correspondent à 8,26 dollars par action, en baisse de 5,43 % par rapport à l’année dernière, lorsque les investisseurs avaient pu toucher 8,67 dollars par action.

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Sur un an, le bénéfice net chute lui aussi. Il est de 37 milliards pour l’année fiscale close 2013 alors qu’il était de 41,7 milliards l’année dernière, soit une baisse de 11,28 %. Ces chiffres interviennent alors qu’Apple vient de cumuler trois trimestres consécutifs de baisse. Les investisseurs mécontents devraient toutefois se rassurer grâce aux ventes des iPhones. Les smartphones de la pomme se sont vendus à 33,8 millions d’unités, en hausse de 26 % soit près de 7 millions de terminaux en plus par rapport au même trimestre de 2012. Pour rappel, la division smartphone représente plus de la moitié des revenus d’Apple. Un chiffre ambitieux qui ne comptabilise pas les ventes des nouveaux venus sur le marché, les iPhone 5S et 5C dont la commercialisation n’a débuté que vers la fin du mois de septembre. Rien que pour le premier week-end de leur lancement, Apple avait annoncé que 9 millions de nouveaux terminaux avaient été écoulés. Les tablettes ont, elles, stagné. Avec 14,1 millions d’unités vendues, la firme a fait pire que le trimestre précédent (14,6 millions d’iPad) mais légèrement mieux que le même trimestre de l’année précédent (14 millions d’iPad). On prévoyait un chiffre de 15 millions de tablettes mais c’est plutôt à une baisse de 13 % que l’entreprise à du se confronter. Toutefois, Apple pourrait redresser le tir avec le lancement en novembre des iPad Air et iPad mini Retina, présentés la semaine dernière.

Le risque du monopole

Ce tournant dans la vie d’Apple pose plus que jamais la question qui entoure le positionnement des deux plus grandes entreprises fabricantes de smartphones du monde à savoir : Samsung et la firme de Cupertino. Le géant coréen, qui enchaîne record sur record, a conforté sa place de premier de la classe au troisième trimestre. Avec 35 % de parts de marché (selon Strategy Analytics), Samsung aurait vendu 88,4 millions de smartphones entre juillet et septembre, soit, tenez-vous bien, une progression de 55 % sur un an. Jusqu’où s’arrêtera donc cette hégémonie coréenne en matière de téléphonie mobile ? Apple restera-t-il premier concurrent de Samsung pour encore combien de temps ? Allons-nous vers un marché quasi monopolistique tenu un mastodonte, alors que le reste des fabricant se partage les miettes ? Rien n’est moins sûr, mais si c’est le cas, l’innovation pourrait en souffrir drastiquement. Rappelons ici que les ventes d’iPhone se portent très bien et qu’il est uniquement question de baisse de revenus pour les investisseurs qui toucheront moins de dividendes à la fin de l’année.

En quoi cela pourrait-il se répercuter sur la productivité de la marque ? Le manque de confiance des détenteurs d’actions pourrait faire plonger la valeur. L’effet domino se mettra alors en marche et touchera inéluctablement la trésorerie (qui était de 148,6 milliards de dollars, dont 76 % étaient logés dans des filiales à l’’étranger), puis les investissements en R&D et donc forcément la chaîne de production. Apple a donc besoin de réagir pour prétendre au moins garder sa place de deuxième du classement et ainsi permettre au marché de rester équilibré. À noter qu’un modèle oligopolistique (dont on se rapproche légèrement au niveau mondial en vue des statistiques) n’est pas forcément une bonne chose non plus.

Pendant ce temps-là des “petits géants” comme Lenovo, Huawei ou encore Xiaomi commencent à se faire entendre mais restent toutefois en dessous du seuil imaginaire qui permet de les considérer comme des concurrents directs de Samsung et Apple. Dans un marché où les constructeurs veulent à tout prix se diversifier en suivant le modèle amorcé par Samsung, présent sur tous les fronts, certains risquent de perdre des plumes en chemin. Voilà peut-être la raison qui ne leur permet pas de prétendre à une croissance aussi importante, pouvant les conduire soit à des niveaux stratosphériques, soit à une chute certaine. Samsung risque donc de rester bien longtemps sur le trône qu’il occupe depuis maintenant plusieurs mois.

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