L’annonce de la semaine était résolument celle de Free Mobile qui, en amont des prévisions initiales, a présenté ses offres 4G avec un tarif de 19,99 euros par mois, bousculant l’effet de marge de ses concurrents, et surtout, annonçant 700 antennes en activité. Il se murmure que Bouygues Telecom ne serait pas étranger à cette intensification du rythme d’Iliad, la maison-mère de Free.

4G

Et Free Mobile…

Les informations récoltées par nos confrères de La Tribune peuvent surprendre, puisque l’on s’attendait plutôt à un rapprochement entre Free Mobile et Orange, Bouygues Telecom et SFR ayant signé un accord portant sur la mutualisation future de leurs réseaux. Le premier opérateur hexagonal, Orange, avait initialement choisi de fermer la porte à tout partenariat avec un concurrent, avant d’adoucir sa position, du simple fait que les combinaisons restantes lui laissaient peu de latitude.  Et pourtant, il semblerait que Bouygues Telecom s’investisse auprès de son challenger Free Mobile, lequel tient la place de quatrième acteur français, tandis que Bouygues est très offensif depuis le lancement de sa 4G en décembre dernier.

Comprenez ainsi que Bouygues Telecom apporterait son appui à son concurrent afin de l’aider à déployer ses antennes sur le territoire national, l’affaire portant sur 600 antennes environ. Selon les propos rapportés par nos confrères, un cadre de l’opérateur aurait ainsi déclaré : “Nous ne déployons pas leur réseau, nous les mettons en contact avec les bailleurs que nous connaissons“. Autant dire que même si BT n’envoie pas de forces humaines pour assister le déploiement des antennes Free, l’opérateur assure un travail d’entremetteur tout aussi utile, puisque ce genre de négociations est indispensable pour accélérer l’installation de toits-terrasses. Bien que Bouygues se défendre d’assurer plus que le rôle d’assistant administratif, il se pourrait qu’il assure également un soutien technique à son concurrent.

Un rapprochement entre Bouygues Telecom et Free Mobile, qu’il soit administratif ou technique, et la question refait surface : y a-t-il mutualisation des réseaux en vue ? Pour le moment, rien de concret, d’autant plus que l’autorité de régulation des télécoms ne souhaite pas voir le nombre d’opérateurs français revenir à trois, afin de maintenir un climat de concurrence favorable au prix. Ce qui n’empêche pas les tractations entre les quatre géants d’aller bon train, quitte à transformer l’univers des télécoms en Dallas à la française. De fait, il est à craindre que le trouble-fête Free vienne faire capoter l’histoire d’amour de Bouygues et SFR, encore à ses balbutiements. Il est probable que, rapprochement ou non, Bouygues envisage surtout la capacité de Free à recruter des clients 4G chez ses concurrents, dont notamment Orange, et rééquilibre les forces de ce marché concurrentiel.

Free Mobile

Une 4G toile d’araignée

A l’heure actuelle, l’Agence Nationale des Fréquences (ANFR) recense la présence de 11000 antennes sur le territoire français. On en compte 700 chez Free Mobile, quand Bouygues en affiche 5392, Orange, 3879 et SFR, 1013. Et pourtant, Free dispose d’un nombre d’antennes 3G nettement supérieur (plus de 2000), qu’il pourra par la suite activer en 4G, afin de rattraper ses concurrents. Lesquels multiplient les partenariats en tous sens, faisant fi des contrats portant exclusivement sur les réseaux 2G/3G : Virgin Mobile, Full MVNO avec SFR et Orange, s’appuie sur la 4G de Bouygues Telecom, tandis qu’EI Telecom (CIC Mobile, NRJ Mobile…), utilisant jusqu’à présent les antennes de SFR, a opté pour la 4G d’Orange. Et Numericable, utilisateur Bouygues Telecom depuis ses débuts, vient d’annoncer le lancement de sa propre 4G en 2014… sur le réseau SFR.

Autant d’imbrications qui assurent certes des revenus supplémentaires aux opérateurs détenteurs de leurs propres antennes, mais compliquent la notion de mutualisation des réseaux, puisque chacun est concurrent de l’autre via ses propres offres, mais aussi par celles de MVNO. Reste qu’avec la composante « guerre des prix » relancée par l’arrivée de Free Mobile dans le monde de la 4G, on sent la tension monter entre les opérateurs. Stéphane Richard, le PDG d’Orange, n’a ainsi pas hésité à considérer publiquement que Free Mobile « prend les gens pour des andouilles » en leur vendant un forfait 4G, mais ne reposant pas sur un nombre d’antennes suffisant pour qu’ils puissent en bénéficier. Rappelons de fait que Free Mobile, pour sa 3G, s’appuie encore sur les antennes d’Orange, lequel en retire toutefois un loyer substantiel depuis janvier 2012.

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